Un site paradisiaque, à vocation touristique, est en passe d'abriter un nouvel ensemble urbain, surtout des logements promotionnels, alors que de l'avis de beaucoup, cet espace fragile, ne pourrait y convenir.
Le projet de la nouvelle ville de Bouzaâroura, ou du nouveau pôle urbain, -c'est selon-, a été présenté ce lundi au palais de la culture et des arts. L'idée d'en débattre reste louable, même si certaines interventions ont vaguement tenté de justifier l'injustifiable, en ne faisant que confirmer les appétences foncières de certains.
Le projet, initié il y a plus de trois années déjà dans une conjoncture que le Tout-Skikda n'est pas près d'oublier, ne semble pas fléchir. Bien au contraire. Ainsi, on apprend qu'un nouveau pôle urbain est appelé à voir le jour à Bouzaâroura, sur les hauteurs entre Ben M'hidi et Fil-Fila sur un site paradisiaque à vocation beaucoup plus touristique que «spéculative». Bref, au moment où on s'attendait à débattre de la faisabilité du projet, de son éventuelle délocalisation vers des contrées plus adaptées, on a eu droit à des paroles qui, en reconnaissant l'utilité d'une telle démarche, se sont contentées d'évoquer «le beau temps» qu'il fera un jour à Bouzaâroura, sans jamais creuser dans les profondeurs et oser mettre le doigt sur le problème lui-même.
S'étalant sur une superficie de 204 ha, le site devant abriter le projet prévoit, entre autres, l'implantation d'une mégacité de plus de 11 000 habitations à moins de 10 km de la plateforme pétrochimique. Des habitats sociaux sont prévus dans un mouchoir de poche, alors que des logements promotionnels se sont vus réserver un espace plus important agrémenté d'une vue sur la mer. Plusieurs autres équipements publics y sont aussi prévus, notamment des infrastructures scolaires, culturelles et sportives, et administratives.
Les «acrobaties», certainement de bonne foi, des bureaux d'étude ont tout entrepris pour combler tout le monde, mais Bouzaâroura est restée de marbre. «On aurait bien pu ériger un parc d'attractions sur ce site paradisiaque' pas un pôle urbain à moins de 10 km de la catastrophe de la nouvelle ville des Platanes. On a bien peur que l'ossature réelle du projet soit limitée aux spéculations des logements promotionnels», témoigne un des présents en marge de la rencontre. Un autre va encore plus loin : «l'Etat a érigé une nouvelle ville à Fil-Fila à quelques encablures de Bouzaâroura ; une ville-dortoir qui, des années après, continue encore de souffrir de moult maux. Pourquoi ne pas penser d'abord à solutionner ces problèmes avant de s'attaquer à la construction d'une nouvelle ville ' C'est une fuite en avant à moins que l'attrait foncier de Bouzaâroura soit plus attractif que la misère quotidienne des habitants des Platanes.»
Lors des débats qui ont été axés beaucoup plus sur l'aspect technique, des architectes ont tout de même posé le problème environnemental en estimant que les forts dénivellements du cordon dunaire qui servira d'assiette au projet, risque de connaître de graves agressions, qui ne seront pas sans répercussions. «Ces agressions ne seront pas sans répercussions sur la nappe phréatique de la région. On a peur de commettre les mêmes erreurs qu'à la zone humide de Guerbès, où l'eau a tendance à devenir saumâtre», a rappelé l'un des intervenants.
D'autres évoqueront le problème que devrait poser le volet de l'assainissement. Dans ses réponses, le directeur de l'urbanisme a surtout tenu à rassurer l'assistance, soutenant que toutes les remarques relevées seront prises en considération pour optimiser, au maximum, le projet et en garantir la réussite. Quant à la nécessité d'implanter le projet sur les hauteurs de Bouzaâroura, aucun des présents ne s'est permis d'en parler, ou de poser des questions à ce propos. L'assiette foncière de Bouzaâroura serait-elle tout à coup devenue un sujet tabou '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khider Ouahab
Source : www.elwatan.com