Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Wahab Mouar, poète bélabésien



Le goual du no man’s land Ce ne serait pas un fantasme si on disait qu’un poète n’a pour consolation que sa muse. Le poème n’est que ce souffle pour continuer à exister. Dans nos contrées de plus en plus rugueuses, ces «êtres qui viennent d’ailleurs» comme disait Léo Ferré ne sont plus que des chevaliers errants sur l’asphalte entourés de béton et de bruit de fric. Le cœur s’étant envolé avec les dernières mouettes de fin du monde. Wahab Mouar, l’inconnu des poètes bélabésiens, féru de café maure, de meddahs, de gasba plongé dans le spectacle des rues désabusées, admiratif des vers de Rimbaud aura été, depuis des lustres, ce regard perplexe sur cette cité Mekerra à travers son vieux recueil aujourd’hui oublié «Coup de grâce». Il dira en substance: «Sidi Bel Abbès aura eu sa rue des vandales du nom énigmatique de rue du Centenaire. C’est là que mon âme est née, c’est là que mon enfance s’est accomplie, c’est là que mon exil intérieur s’est installé, c’est là que mon histoire d’amour est morte avant de naître, et c’est là que j’ai décidé d’être somnambule pour les miens et mes adversaires». Ce poète ne révèlera pas son vrai nom. Il utilise un pseudo pour signifier qu’il est dur de se reconnaître poète du fait que l’être veut dire que l’on a déjà accepté le supplice. Sa fiction est dans son avenir, sa dulcinée comme il nous l’avouera est là, devant ses yeux pour lui donner cette «petite flamme» qui brillera en lui et lui réchauffera le cœur. La rencontre d’un écrivain de chez nous n’est pas une sinécure tant il vit blasé d’abord parce qu’il se sent «incompris» et chose désespérante «en enfer» surtout quand on nait dans une province où le folklore et l’oralité font la loi dans les arts et n’offre qu’un «no man’s land». «Coup de grâce», ce recueil de voyage dans les mots a besoin d’être réédité. Un jour peut-être...
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