Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Victimes du relâchement de certaines mesures de précaution



44 cas d’accidents exposant au sang à Sidi Bel-Abbès Redoutés pour la forte probabilité des risques de leur transmission virale (hépatite B et C, VIH), les accidents exposant au sang (AES) constituent, aujourd’hui, un réel motif d’inquiétude dans le secteur de la santé publique, notamment pour les personnels soignant et d’entretien qui en sont les premières victimes. Afin de cerner au mieux les catégories professionnelles à risque et déterminer les circonstances de survenue pour être en mesure ensuite de mieux orienter les mesures préventives, les services de médecine du travail des CHU de Sidi Bel-Abbès viennent de réaliser, de concert avec des enseignants chercheurs de l’université d’Angers (France), une intéressante enquête rétrospective sur le sujet dont les résultats ont été rendus publics lors d’un récent séminaire organisé à l’université Djillali Liabès.S’inspirant des travaux des spécialistes français du Gères (groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux), les concepteurs ont élaboré une fiche statistique de suivi où étaient consignées pendant une année diverses informations (données professionnelles, circonstances de l’accident, matériel en cause, mesures prophylactiques, suivi sérologique...) sur quelque 44 sujets (34 femmes et 10 hommes) ayant déclaré en 2005 avoir été victimes d’un AES dans l’exercice de leurs activités courantes. Le groupe est représenté dans son ensemble par diverses catégories professionnelles, à savoir des médecins résidents (2), des internes en médecine (3), des agents paramédicaux (11 infirmiers (ères), 3 laborantines, 2 anesthésistes, 1 instrumentiste, 1 sage-femme, 1 puéricultrice stagiaire), des agents des services dits techniques et administratifs (15 femmes de ménage, 1 lingère, 2 agents d’hygiène, 1 technicien en maintenance et 1 secrétaire). L’analyse des résultats fait ressortir que les 44 sujets soumis à l’étude, dont l’âge moyen est de moins 38 ans et jouissant tous d’une ancienneté de près de 12 ans, avaient été victimes de ce type d’accident dans l’exécution d’un acte professionnel courant. Principales causes citées, les piqûres et les coupures représentent respectivement à elles seules 77,3 et 20,4% des cas recensés. Les AES de ce type ont touché principalement le personnel infirmier lors d’une injection (IM, IV, perfusion, infiltration), d’un prélèvement sanguin, de l’élimination d’un objet piquant ou tranchant ou de divers actes de soins. En ce qui concerne les AES liés directement aux déchets de soins, le traitement des résultats de l’enquête fait ressortir que ceux-ci concernent surtout les femmes de ménage (six d’entre elles lors de la collecte des sacs poubelles et neuf autres lors du nettoyage du sol et des surfaces à l’aide de chariots. Chez les deux agents de collecte des déchets, souligne-t-on encore, l’AES est survenu lors de la simple manutention des sacs poubelles. Pour le reste des cas étudiés, les spécialistes relèvent que ces AES peuvent survenir de la manière la plus fortuite qui soit, à savoir entre autres cette lingère du CHU qui se pique lors de la manipulation du linge sale ou telle autre secrétaire médicale se blessant par une aiguille dans son sabot... Tout cela pour arriver à cette édifiante conclusion de l’étude, à savoir que sur les 44 cas d’AES déclarés, au moins 22 (soit 50% du total) peuvent être considérés comme potentiellement ‘évitables’, parce que liés directement à une élimination inadéquate des déchets piquants et tranchants sans que le port de gants ne soit confirmé sur les 66% des sujets atteints. Même si 63% des malades ont pu être soumis quand même à une surveillance sérologique étroite (VHB, VHC et VIH) avec un seul reconnu porteur du virus de l’hépatite C, les spécialistes ne manqueront pas de relever en conclusion que «les accidents exposant au sang sont en fait liés directement à l’élimination inadéquate des objets piquants et tranchants au niveau de la plupart des établissements de soins concernés par l’étude prospective. L’inobservance de certaines règles élémentaires d’hygiène et de sécurité souligne, aujourd’hui plus que jamais, la nécessité de renforcer la sensibilisation et la formation du personnel soignant vis-à-vis du respect des précautions universelles qui restent le meilleur garant de la prévention des accidents exposant au sang».
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