
L'université de Sidi Bel Abbès vit, ces derniers temps, une situation de vives tensions après les accusations d'harcèlement sexuel lancées par une étudiante contre son professeur de chimie. Jeudi dernier, une grève générale a été initiée par l'Organisation nationale des étudiants algériens (ONEA) au niveau de la faculté des sciences exactes pour dénoncer le «comportement immoral» et les «avances honteuses» de l'enseignant mis en cause.Des dizaines d'étudiants ont cadenassé la porte d'entrée principale de la faculté et déployé des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : «Etudiants en colère», «Université naufragée», ou encore «Non au marchandage des notes d'examen». Selon des étudiants interrogés, une plainte a été déposée par la concernée auprès des services de sécurité.Une plainte appuyée par un enregistrement sonore mis à la disposition de la police. Contacté à ce propos, le doyen de la faculté des sciences exactes s'est abstenu de tout commentaire estimant que l'affaire est entre les mains de la justice. «Il est trop tôt pour incriminer l'enseignant en question et d'affirmer qu'il a harcelé son étudiante tant que les accusations n'ont pas été encore authentifiés par des preuves matérielles tangibles», indiquent, sous le seau de l'anonymat, des enseignants contactés hier.D'après eux, cette affaire doit être traitée sereinement par les instances judicaires, «car il y va de la crédibilité de l'université qui ne peut cohabiter avec des pratiques douteuses, elle qui est censée dispenser le savoir en ce qu'elle contient de valeurs tant scientifiques que morales». La direction de l'université Djilali Liabès a, de son coté, préféré garder le silence sur cette affaire «tant que la justice ne s'est pas prononcée sur les accusations portées à l'encontre de l'enseignant mise en cause», a expliqué, hier, l'un des responsables. Pour les étudiants protestataires, ce genre de pratiques n'est pas nouveau au niveau de l'université et traduit parfaitement la régression du système d'enseignement supérieur en Algérie. Face à cette protesta, les responsables de la faculté des sciences exactes ont décidé de reporter sine die les examens du troisième trimestre du département de chimie prévus jeudi dernier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Mammeri
Source : www.elwatan.com