Un périmètre irrigué à partir du recyclage des eaux domestiques
Se déversant en pure perte dans l’Oued Mekerra, les eaux domestiques traitées par la station d’épuration de la ville de Sidi Bel-Abbès seront désormais exploitées à des fins d’irrigation et au profit exclusif des exploitations agricoles riveraines.
C’est la teneur exacte des nouvelles instructions données en ce sens à l’Office national d’assainissement (ONA) par le ministère des Ressources en eau, qui n’a pas manqué, fort justement, d’initier et d’inscrire dans cette perspective précise un ambitieux programme de réhabilitation et de mise à niveau de ladite station afin de lui permettre d’améliorer l’efficience de son système épuratoire qui passera d’une capacité de 28.000 m3/jour à 42.000 m3/j à l’horizon 2020. Dès l’annonce de cette nouvelle, les milieux agricoles n’ont pas hésité à émettre surtout le vœu de voir se concrétiser enfin, en aval de la station, un important projet hydro-agricole finalisé par la société belabbésienne d’investissement pour le développement économique et régional (Sobider) et dont le dossier technique est resté malheureusement bloqué, des années durant, dans les tiroirs de l’administration centrale. Il s’agit de celui de la création et de l’aménagement d’un périmètre irrigué d’une superficie totale de 2040 hectares, dont 1055 ha inscrits au titre de la première phase, à partir de la récupération des eaux usées traitées par cette même station d’épuration. Revêtant un caractère d’importance socio-économique régionale, ce projet hydro-agricole, qui a obtenu déjà l’aval des ministères de l’Agriculture et de l’Hydraulique et qui ne cesse de susciter, depuis, l’intérêt des autorités locales ainsi que l’adhésion des organismes et des agriculteurs concernés au niveau du site d’implantation, nécessitera pour sa réalisation un montage financier de plus de 822 millions de dinars, répartis entre 355 millions de dinars pour les équipements communs (traversée Oued Mekerra, bassins de transfert de 35.000 m3, retenue principale de 650.000 m3, station de pompage, réseau d’amenée d’eau) et 487 millions de dinars pour les investissements personnalisés (17 unités bassins de 35.000 m3, réseau d’aspersion couverture intégrale de 1450 ha, réseau d’irrigation goutte à goutte de 250 ha). De l’avis des spécialistes, pédologues et agronomes, «la faisabilité technico-économique et la rentabilité financière du projet n’est plus à démontrer. Au plan technique, et en l’état actuel des exploitations agricoles de la zone considérée, le développement d’un tel périmètre comporte en lui-même une motivation supplémentaire pour les risques engagés et, par conséquent, donne toutes les justifications en terme d’opportunité technique, celle-ci étant justifiée par une meilleure maîtrise des itinéraires techniques, l’amélioration des rendements, la diversification des cultures et l’augmentation de la production». Outre la création de quelque 2.000 postes d’emploi, l’impact tant attendu avec l’aménagement du nouveau périmètre reste sans conteste l’augmentation sensible de la «sole» irriguée de la wilaya de Sidi Bel-Abbés, dont il représente à lui seul près du quart de la superficie, pour assurer la culture à l’irrigué de diverses spéculations agricoles, notamment les semences de céréales en intensif, la luzerne, la pomme de terre d’arrière-saison, la tomate industrielle et le poivron.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com