Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Un repas de Ramadan à la maternité de Sidi Bel-Abbès



Soupe «langue d’oiseau» et portions de fromage pour les parturientes... Plus de trois mois après l’entrée en application de la circulaire du ministre de la Santé relative à l’amélioration des conditions de prise en charge des malades, en ce qui concerne notamment les volets hygiène et restauration, la situation ne semble guère avoir beaucoup changé dans certains établissements de santé de la wilaya de Sidi Bel-Abbès. C’est le constat établi à chaud par une Association de protection des droits des malades (APDM) à la suite d’une visite effectuée, le week-end dernier, à la maternité centrale de la ville en compagnie de correspondants locaux de la presse écrite. Bien que ses membres se félicitent grandement des changements positifs intervenus au niveau des infrastructures et des équipements, à la faveur d’une opération de réhabilitation engagée par la tutelle centrale pour un montant total de 58 millions de dinars, la délégation ne manquera pas de relever que certaines vieilles habitudes ont ressurgi sur l’ensemble des prestations fournies par l’établissement, en ce qui concerne particulièrement l’accueil, l’hygiène, la prise en charge médicale et paramédicale et la restauration. Concernant le premier point, il a été constaté, d’emblée, l’absence sur les lieux de tout agent préposé à l’accueil du public malgré l’existence, au niveau de chaque étage, de box réservés spécialement à ce type de service... «Il aura fallu attendre le passage fortuit d’une personne en blouse blanche pour nous permettre de nous renseigner et mieux canaliser nos déplacements», a-t-on fait remarquer. Pour le deuxième point, relatif à l’hygiène, les visiteurs iront de surprise en surprise. Tout d’abord cette image choquante de «chats de gouttière errant dans les couloirs en toute quiétude, et parfois même tenant compagnie aux malades dans les chambres...» «Ensuite ces odeurs nauséabondes qui se dégageaient des toilettes, mettant mal à l’aise les malades, ce qui contraignit certaines d’entre elles à demander à leurs proches de leur ramener des produits désinfectants». Sur le sujet, une femme de ménage de service pendant ce week-end donnera une réponse nette aux interrogations du groupe en exhibant une demi- bouteille de désinfectant «désodorisant» et une poignée de savon en poudre dans un sachet qui lui ont été remis pour assurer l’hygiène des locaux et chambres du service «GHR» (grossesses à haut risque). L’eau de javel était totalement absente... Et pour gâcher le tout, la salle réservée à la distribution des repas et à laver la vaisselle «tassée sur la paillasse à l’air libre» est sujette à l’intrusion libre des félins domestiques avec tous les risques que cela comporte pour la santé des patientes. S’agissant du troisième point, les membres de l’association relèveront que le personnel médical présent était loin de suffire à la prise en charge effective des malades, d’où la nécessité de songer d’ores et déjà à renforcer l’équipe par l’affectation de deux ou trois nouveaux chirurgiens. Il y a quelques mois, devant l’importante charge de travail qui leur est imposée quotidiennement au niveau de la maternité (environ 40 accouchements et une dizaine d’interventions chirurgicales), le groupe de gynécologues et d’obstétriciens en activité aurait même menacé de déposer une démission collective. Depuis, leur appel de détresse est resté sans réponse. Le même constat est fait également pour le personnel paramédical qui semble maintenu curieusement à un nombre limite. L’exemple de l’infirmière de garde au niveau de l’étage «GHR» est de ce point de vue révélateur puisqu’elle était appelée à assumer, à elle seule, un véritable rôle de polyvalence: paramédical, secrétariat, lingerie... S’agissant du volet restauration, les représentants de l’association seront pris à témoins par les malades sur le manque de consistance des semblants de repas qui leur sont servis quotidiennement. A titre d’exemple, une patiente exhibera une assiette à laquelle elle n’a pas touché et remplie de soupe de lentilles sans viande ainsi qu’un morceau de pain et un autre plat garni de cinq rondelles de concombre et deux tranches de tomate. Pour le repas du soir, le menu consistait en une soupe «langue d’oiseau» et deux portions de fromage, ce qui était loin de soutenir la comparaison avec le menu réservé aux équipes de garde (médicale et paramédicale) qui prévoyait un repas beaucoup plus consistant: un hors-d’oeuvre, un tadjine aux aubergines, de la «maqouda», du poulet rôti accompagné d’olives et un dessert... A la fin de leur visite les membres de l’APDM ne manqueront pas de s’interroger sur ces multiples manquements et défaillances constatés de visu au niveau d’une infrastructure qui a pourtant bénéficié, ces dernières années, d’une attention soutenue de la part des pouvoirs publics locaux et centraux. «Le constat est là. Que faut-il faire? La réponse demeure chez les responsables de ce secteur qui devront bannir le discours et faire face à la réalité. Nous souhaitons dans un premier temps voir s’améliorer les conditions d’hygiène de nos structures de santé. Comment peut-on revendiquer une prise en charge adéquate du malade dans des conditions difficiles de travail tant pour le personnel médical que paramédical?» souligne-t-on en guise de conclusion. A. Abbad
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