Les habitants de Mérine réclament leurs armes
La petite et paisible ville de Mérine, située à 60 km au sud de Sidi Bel-Abbès, a été secouée par un lâche attentat terroriste commis contre un patriote...
Cet acte s’est déroulé mercredi dernier, jour de l’Aïd El-Adha, à 19h15, dans un quartier de la périphérie sud-ouest, à environ 150 mètres de la brigade de gendarmerie nationale. Selon l’une des quatre filles de la victime, deux terroristes se faisant passer pour des compagnons de leur père, Ouaddah Mohamed, 57 ans, ont frappé à la porte de leur domicile avant de demander après lui. Mise en confiance, la jeune fille leur ouvre. S’engouffrant aussitôt, les deux individus se sont immédiatement dirigés vers la chambre à coucher où le père, allongé sur son lit, regardait la télé, en attendant de dîner. A leur vue, ajoutera sa fille toute effondrée, il a voulu leur résister, mais en vain. L’un des terroristes sortira son arme, une kalachnikov, avec laquelle il lui tirera une balle à bout portant, en pleine poitrine. Il l’achèvera ensuite à coups de baïonnette. Les deux criminels se sont, par la suite, mis à la recherche de l’arme du défunt ; celle-ci, qui était bien cachée, échappera à leurs recherches. Ils se contenteront d’une trentaine de balles avant de s’enfuir à la faveur de l’obscurité, laissant les sept enfants de la victime et son épouse en pleurs.
Il semble que l’un des terroristes a été reconnu par des membres de la famille Ouaddah et est originaire de Mérine. La victime, un élément du groupe des patriotes opérant avec les forces armées stationnées dans la région, a été inhumée dans l’après-midi de jeudi dernier, devant une foule nombreuse et en présence du wali de Sidi Bel-Abbès.
Ce tragique événement survenu en pleine fête de l’Aïd El-Adha a fortement ému la population locale, laquelle, lors d’un regroupement populaire, tenu spontanément à l’annonce de l’assassinat, n’a pas manqué de faire part aux autorités régionales de leur colère face à ce drame, dû, selon eux, à un certain relâchement dans la lutte antiterroriste dans la région. «Nous avons été trop confiants, a lancé l’un des manifestants et nous venons d’être touchés là où personne ne s’attendait, à cause du soutien et de la complicité apportés par certains aux groupes terroristes qui activent encore dans la région».
«L’excès de confiance, dira un autre, a tourné malheureusement à notre désavantage. Nous réclamons la restitution de nos armes et celles de nos parents qui faisaient notre fierté dans des groupes de légitime défense et qui ont à maintes reprises fait la chasse à ces criminels. D’ailleurs, il ne reste plus qu’une dizaine qui sévit actuellement dans ces maquis». En guise de réponse susceptible de calmer les esprits, on apprend que des directives strictes ont été données quant à l’éventuelle réactivation des dix guérites abandonnées depuis sept ans. «La ville, nous précise-t-on, fera l’objet d’une surveillance permanente à partir de la nuit de ce samedi». Les citoyens, quant à eux, ont bien l’intention de faire, dorénavant, preuve d’une vigilance extrême et quasi-pérenne.
Abdou Ilias
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com