Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Un nom, un lieu: Dr Hassani Abdelkader, un bâtisseur



Nationaliste, médecin, homme politique et sportif, on disait du Docteur Hassani Abdelkader, qu'il avait la stature d'un homme d'Etat.

Jeune militant de la cause nationale, premier maire élu de la ville de Sidi Bel-Abbès, le 05 février 1967, lors des élections des premières APC sous l'ère de feu Houari Boumediene. «Le bâtisseur» comme on l'appelait était parmi les rares médecins algériens pendant l'ère coloniale. Il a été membre de la première APW lorsque Sidi Bel-Abbès a été promue wilaya, en 1975. Auparavant, elle dépendait administrativement d'Oran. Il fut ensuite député lors des législatives de 1982. L'homme ne manquait pas de classe, ni de charisme, ni surtout de dynamisme, le tout sur un fond de patriotisme et de nationalisme. Adolescent, il activait déjà au sein du Nadi de la jeunesse littéraire, fréquentant les milieux nationalistes dans le berceau de la Graba, quartier mythique de cette terre fertile de la Mekerra qui a enfanté les frères Liabès, Docteur Amir, Allal M., Zouaoui M. Ouhibi, Boumelik, Tayebi, Chaa Abdelkader, les Saïm, les Amarouch, Zaoui, Nedjadi M., les Benali, Drici et bien d'autres.

Hakim pour les uns, H'bibi pour d'autres, c'est ainsi que feu Hassani Abdelkader était appelé, voire interpellé. Son nom fait partie de l'histoire de la région. Il est né le 20 septembre 1920 à Sidi Bel-Abbès. Fils d'un cultivateur, sa famille était connue comme les «Belbahri». Il avait trois frères dont Mustapha, ex-journaliste mais aussi digne successeur à la tête du club USMBA, que dirigea le docteur Hassani pendant 27 longues années en tant que président, ceci dès son retour de France en 1948, succédant à feu Belkacem Bendimered. Hassani Abdelkader avait également trois soeurs. Ses débuts scolaires sont signalés dans l'ex-école Turgot, aujourd'hui El-Ghazali, à quatre cents mètres du domicile familial de l'ex-Rue Béranger baptisée rue des trois frères Amarouch, Ali, Belkacem et Mustapha, Martyrs sportifs de l'USMBA d'avant et pendant la guerre de Libération nationale. Son intelligence l'amena à rallier avant l'heure le lycée colonial Laperrine, aujourd'hui Azza Abdelkader, à une époque où, juste une petite minorité pouvait suivre des études secondaires parachevées par un baccalauréat, un ticket pour suivre des études de médecine, d'abord à Alger, alliant activité politique, études supérieures et football au sein du MC Alger. Très jeune, il possédait les qualités requises d'organisateur, de meneur de projets et d'hommes. Il était, disait-on, en avance sur son temps, un visionnaire, il était constamment projeté sur l'avenir. Il était caractérisé par une très grande capacité d'écoute des autres et de leurs aspirations, de son entourage de son environnement. Il était modeste et discret à la fois. Son cheval de bataille était l'essor de la ville et son développement dans le sens large du terme. Il ne cessait de rappeler à ses pairs élus et à ses nombreux amis qui ne sont plus de ce monde, que «le patriotisme commence par l'amour de son bled». Il avait à une jeunesse précoce le sens du militantisme actif. Feu Hassani Abdelkader attirait sans répit la grogne de la soldatesque coloniale omniprésente, surtout avec le corps des légionnaires. Hakim suscitait le respect et l'admiration, tout en étant très populaire et en se mêlant à la masse, saluant grands et petits s'enquérant de la santé des uns et des autres dont la grande majorité s'adressait à lui pour se faire soigner dans son premier cabinet sis rue Mogador, là ou se trouve aujourd'hui un autre spécialiste d'ophtalmologie non loin de l'ONAB. C'était dans les années cinquante.

Quant au deuxième cabinet, il a été transféré dans sa demeure à l'Avenue de la Macta après le déménagement forcé de la première demeure qu'il occupait à la rue Laperouse, qui fut d'ailleurs incendiée et détruite par l'OAS, à l'instar d'autres dizaines de biens publics et privés.

D'Alger, où il débuta ses études de médecine, il se rendit d'abord à Mulhouse puis à Strasbourg, où il reçut ses diplômes pour regagner l'Algérie et Sidi Bel-Abbès qu'il chérissait. Il s'engagea politiquement et socialement aux côtés des figures éminentes de la ville, surtout avec la vague des lettrés et autres producteurs d'idées, issus des écoles Ibn Khaldoun, Avicenne, connue par l'école indigène, l'école Molière dans le populeux quartier « Abbou » et bien sûr l'école Turgot, et ce, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale où le futur député et maire de Sidi Bel-Abbès assistait aux souffrances et à la non satisfaction des revendications politiques de ses frères et de tous les autres besoins maternels de la population musulmane cantonnée dans le sud de la ville. Mais, le 1er Novembre 1954 était arrivé aux portes de la Graba, à Sidi Yacine, village Errih, dans l'ex-Gambetta, d'où partirent les attentats contre l'occupant, jusqu'à la libération du pays mais non sans pousser Hakim Hassani à l'exil dans la base de l'est à Tunis, où le militant continua sa mission de médecin au service de la Patrie.

Une «révolution» à Sidi Bel-Abbès

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