Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Théâtre Régional de Sidi Bel-Abbès



«Le théâtre du dire» fait vibrer la scène Les planches d’un théâtre ont de ces magies à vous laisser dans un rêve perpétuel; saltimbanques et troubadours se donnent la réplique pour amuser, divertir et instruire le public qui, selon eux, signifie peuple. Hier, dans l’après midi, «Le Théâtre du dire» est né, une forme qui allie la Halka à la comédie d’El Arte où se structurent plusieurs expressions et autant de langages aussi bien poétique que chorégraphique que musical. Un grand spectacle nous a été donc offert hier en après midi par M. Abbès Lacarne et sa troupe, initiative qui selon le metteur en scène, est au compte du Théâtre Régional de Sidi Bel-Abbès. Tout a émerveillé, tout s’est illuminé: d’abord par une scénographie non conventionnelle, tirée du théâtre de rue, utilisant quelques accessoires repères, un banc public, des cageots de limonade, une table où l’on a déposé des instruments de musique. Puis le voyage a eu son prologue par le jeu époustouflant de Lacarne: chemise au vent, le geste du fabuliste et du meddah, avec des maânis en métaphores «des lampions qui éclairent nos discussions ou nos transactions commerciales» et nous convie en esprit, à aller de place publique en village, accompagné de ses compagnons armés de bendirs, d’accordéon, de saxophone, de traversière, de tbal, nous racontant, dans un lyrisme profond, le récit tragique des déportés algériens en Calédonie à travers la qasida «Biya Dak El Mor» qu’ont chantée nos plus grands, reprise par Abbès Sedjerari pendant que le groupe nous jouait la triste odyssée des réprouvés. Transition au saxo de Saâdi Mohamed interprètant la fameuse «Petite Fleur» de Sydney Bechet puis on a eu droit aux adages tonitruants, cocasses, parfois à vous faire perdre le souffle, nous introduisant dans l’univers arrabelien de Cheikh Abderrahmane Mejdoub, le derviche éclairé dont «Les illuminations» sur l’existence sont inégalées en verve et en coup de génie, sans parler du Alaoui, du Saf tel un fil conducteur suivi de la Ksida de Aïn Boua Daho que Lacarne a rendue vivante par une gestuelle rappelant Ruis Blas de Hugo; entouré de Miloud Hassani très à l’aise dans sa voix théâtrale de Ahmed Sebâa dit «Tiouli» et de Assal Abdelkader, qui ont, par le karkabou et le bendir, fait danser le peuple jusqu’aux abords de l’avant-scène, la transformant ainsi en vraie fête de rue. On peut dire que «Le théâtre du dire» a pris son envol pour s’en aller narrer les paroles d’antan et d’aujourd’hui, leitmotiv du spectacle. M. Abbès Lacarne et ses compagnons de voyage sont à créditer d’une performance digne des grands.   A. M.
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