Coup d’envoi du Festival du théâtre professionnelL’ouverture de ce rendez-vous était engagée, lundi dernier, sur les chapeaux de roues sur les planches du Théâtre régional de Sidi Bel-Abbès. Considérée déjà comme une journée historique par les hommes de théâtre, l’inauguration du Festival local du théâtre professionnel s’est faite à la mesure de la réputation des lieux. Devant un parterre de praticiens, d’univer-sitaires, de critiques ou tout simplement de spectateurs, la cérémonie d’ouverture a été sobre dans une ambiance qu’on a voulue ainsi pour rompre la rhétorique du protocole, et la rendre plus humaine. Ainsi, le commissaire du festival déclara officiellement ouverte la 1er édition. Mr Ahcène Assous, en quelques mots, a souligné l’importance que revêt la tenue d’une telle manifestation du 4ème art, lieu de tous les langages destinés au jeu. La présentatrice, Melle Abdelmoula Khadidja, comédienne très cool, affichant un sourire de parfum, et Benabdellah Abdellah, très pro, voix contenue, lui aussi comédien, ont tour à tour présenté le programme global, partagé entre la compétition, les ateliers et les conférences, donnant un aperçu sur cette kermesse du jeu, des larmes et du rire, avec comme c’est la coutume son lot de polémiques utiles à provoquer des débats plus objectifs et sains. Ce fut ensuite, pour agrémenter le rituel, la pièce théâtrale, nouvelle production du Théâtre régional de Sidi Bel-Abbès,
«La poudre d’intelligence» de Kateb Yacine dans une adaptation de Youcef Mila et une mise en scène de Hassan Assous. D’attaque, le duo d’enfer «Nuage de fumée»(Djouha) et Atika sa femme nous entraîne dans le tourbillon et la spirale d’un royaume perverti, cupide, et vaniteux d’un monarque ubuesque dominé par la chair, analphabète jusqu’à la caricature, ventriloque où sera bâti la farce de Djouha et démasquer les coulisses. Par une scénographie de Abderrahmane Zaaboubi, basée sur la construction à plusieurs dimension de l’espace, le metteur en scène et les comédiens se sont littéralement laissé réduire par le maître de ce volume, poussant le personnage magnifiquement interprété par Djellab Abdellah, admirable dans son jeu, intensément chargé et donnant la réplique à Djouha incarné par Abd El Kader Djeriou qui a comblé les spectateurs. L’ovation en fin de spectacle voulait dire que ces jeunes ont relevé le défi en portant, corps et âme, l’œuvre la plus controversée de Kateb Yacine. Nawel Benaïssa, Ahmed Benkhal, Mohamed Kadri, Fayçal Blidi, Abdou Merbouh, Samir Haddou, Souad Djeneti, Nacera Sohbi, Ahmed Sahli , Hicham, Boussahla ont été tout simplement époustouflants. Spectacle du plaisir, de la fantaisie, de l’humour, politique, poétique, l’on aura traversé plusieurs formes jusqu’au hip-hop. Cela démontre que le renouveau se met en place. Ce lundi, Kateb Yacine aurait été fier d’avoir léguer un texte pour nos générations théâtrales. Le moment fort aura été également l’hommage rendu à Issad Khaled et Hadj Kandsi. Issad Khaled, rappelons le, est l’un des pionniers du théâtre Algérien à Sidi Bel-Abbès, depuis 1947. Hadj Kandsi l’humoriste, l’homme de l’ombre a reçu un vibrant salut. La nuit a été longue pour cette première journée.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com