Au regard des
aléas que peuvent provoquer certaines situations exceptionnelles, des exercices
de simulation baptisés «Kamisis 2010» ont été exécutés, lundi, dans la wilaya
de Sidi Bel-Abbès par les unités d'intervention relevant du 2ème Commandement
régional de la Gendarmerie nationale.
Ce sont des exercices qui portent sur des
scénarios de trouble à l'ordre public avec un enlèvement et une séquestration
d'otages étrangers et une embuscade tendue par un groupe terroriste à un convoi
de la gendarmerie. Une simulation de faits qui permettront aux unités
d'intervention de la gendarmerie de tester leur disponibilité, leur rapidité de
réaction et, surtout, leur faculté d'exploiter les différentes données
enseignées dans ce cadre, dans le but de parvenir à un meilleur
perfectionnement de la formation au profit des éléments de ce corps
sécuritaire. Les unités d'intervention ont deux objectifs à atteindre: rétablir
l'ordre public en dispersant la foule et en libérant les otages, en plus d'une
mission militaire qui est de répondre à l'attaque terroriste en tentant
d'éliminer le groupe qui sévit dans la région.
Quand des
habitants assiègent une carrière
Il est 9h30 du
matin en cette journée du dimanche, lorsque quelque 800 habitants du village
Amarna ont décidé de passer à l'action. La pétition adressée la veille au
président de l'APC, lui demandant la fermeture de la carrière, ne semble pas
avoir donné ses fruits, chose qui n'a fait qu'augmenter le courroux des
villageois exaspérés de voir leurs doléances négligées. Les concernés avaient
exigé soit la fermeture de la carrière soit son transfert vers un autre site
afin d'éviter la prolifération des maladies dont certaines gênes respiratoires,
des pathologies pulmonaires, entre autres, dont souffrent la majorité des
habitants. Face à ce mutisme, les villageois pris de colère ont décidé de
prendre pour cible la carrière, principale source de leurs problèmes. Sur les
lieux, la foule criant sa colère n'avait pas d'autre alternative que de
l'afficher directement face à l'absence de prise en charge réelle de ses
préoccupations. Toute la carrière était assiégée par les manifestants. Après
plusieurs avertissements donnés pour évacuer le site, les protestataires
campaient toujours sur leur position. Devant la détérioration de la situation,
une réunion des membres de la commission de sécurité a été tenue en vue
d'initier les mesures qui s'imposent en de telles circonstances. Les unités
d'intervention de la gendarmerie sont ainsi saisies sur réquisition des
autorités administratives et aussitôt un impressionnant renfort des forces
antiémeutes est déployé sur place.
A cet instant, la
tension monte de plusieurs crans chez les manifestants déterminés à aller
jusqu'au bout de leurs revendications. Plusieurs pneus sont brûlés par les
protestataires qui continuaient à s'opposer aux éléments de la gendarmerie en
leur balançant des pierres et autres projectiles. Devant l'ampleur du danger,
et tout en occupant le terrain, les forces antiémeutes avançaient
progressivement en aspergeant la foule d'eau pour la disperser. Un hélicoptère
mobilisé par les services de la gendarmerie survolait toute la zone déjà
quadrillée par les forces d'intervention. Des projectiles de gaz lacrymogène
sont balancés afin de faire évacuer la carrière. Bilan de l'opération: un
gendarme blessé et cinq manifestants arrêtés et transférés vers les locaux du
groupement de la gendarmerie.
Quatre étrangers pris
en otage
Cependant, la
situation a vite fait de prendre une autre tournure, après que quatre
ressortissants étrangers aient été enlevés par un groupe de protestataires et
séquestrés dans le bureau de l'administration. Une manière de faire pression
sur les autorités locales afin de fermer définitivement la carrière, un projet
qui s'inscrit dans le cadre de la réalisation de l'autoroute Est-Ouest. A ce
moment-là, le groupe d'intervention donne l'assaut après avoir bouclé, dans un
premier temps, tout le périmètre. Un projectile de gaz lacrymogène est balancé
dans le bureau afin de permettre aux services concernés d'y accéder. Une fois à
l'intérieur, les forces antiémeutes libèrent les otages et arrêtent les auteurs
de cette séquestration.
Les émeutiers ferment
la RN13
Contraints de
reculer et de se disperser, les villageois ne voulaient pas renoncer à leur mot
d'ordre: manifester coûte que coûte leur colère en fermant à la circulation la
route nationale n°13. Au même moment, d'autres émeutiers se sont rassemblés à
la place de l'APC à Douar Beloualadi. Pour rétablir l'ordre et rouvrir cet
important axe, les unités d'intervention adoptent le même procédé avec des jets
d'eau suivis du gaz lacrymogène sur une foule ripostant avec des pierres. Un
gendarme est blessé et évacué à bord de l'ambulance. Des camions mobilisés pour
l'occasion par les gendarmes commençaient à déblayer la route des débris
occasionnés. Après la réouverture de la RN13, les forces antiémeutes sont
appelées à disperser la foule lors d'un sit-in observé à la place de l'APC.
Près de 400 manifestants brandissant des banderoles se sont attroupés pour
dénoncer pacifiquement leurs conditions déplorables. Ainsi et tout en appelant
au calme, les unités d'intervention sont parvenues à calmer les esprits en
dispersant la foule de la place de l'APC. Aucun incident n'a été enregistré.
L'opération a été pilotée par le lieutenant colonel Lounis, Commandant du
groupement opérationnel du maintien de l'ordre. Pas moins de neufs cellules et
six groupes d'intervention et neutralisants ont été déployés pour rétablir
l'ordre depuis le déclenchement des émeutes.
Le convoi tombe dans
une embuscade
Par ailleurs, au
cours de l'opération d'escorte des étrangers libérés au siège du groupement de
la gendarmerie de Sidi Bel-Abbès pour le complément de l'enquête, le convoi
tombe dans une embuscade tendue par un groupe terroriste sur les monts qui
surplombent cette zone. Une bombe artisanale explose au moment du passage du
convoi, suivie de tirs nourris échangés entre les terroristes et les gendarmes.
«Le but est de protéger les otages en attendant le renfort des unités
d'intervention d'élite». Au moment de l'échange de tirs, deux gendarmes ont été
blessés et un terroriste abattu. Le groupe dont on ignore toujours le nombre a
pris la fuite en tentant de se retrancher dans une maison abandonnée. Un
ratissage est enclenché dans la zone en question et un hélicoptère survole
toute la forêt afin de localiser le réseau armé.
En effet, l'enquête préliminaire avait révélé
que ce groupe avait profité des incidents de la carrière pour enlever les
ressortissants étrangers en vue d'une demande de rançon à leurs pays
respectifs. Aussitôt l'information transmise par la salle des opérations aux
services de sécurité et à leur tête le responsable de cette équipe
d'intervention, d'importants moyens ont été mis en place par les services de la
gendarmerie en vue d'éliminer ce groupe. Pour le lieutenant-colonel Mekssi du
2ème Commandement régional de la gendarmerie, il est question de répondre à
l'attaque terroriste en neutralisant le groupe qui sévit dans cette zone. Des
brigades canines ont été chargées de détecter les explosifs et de déterminer la
piste empruntée par les terroristes. Un engin de fabrication artisanale a été
désamorcé par un artificier grâce au chien détecteur d'explosifs. Au même
moment, le groupe retranché dans une maison abandonnée a été repéré. Les
éléments du groupe d'élite encerclent l'habitation. En effet, tout le périmètre
a été bouclé et l'assaut a été donné par les éléments d'élite. Des tirs sont
échangés entre les deux parties. Un terroriste a été capturé vivant, alors que
six ont été abattus sur place. Sept kalachnikovs, des documents et des bombes
artisanales ont été récupérés à l'issue de la neutralisation de ce groupe.
Aussitôt le travail des GIN achevé, c'est au tour de la police judiciaire de
boucler toute la scène du crime en vue de collecter le maximum d'indices pour
le complément de l'enquête. La police technique a été chargée, quant à elle, de
relever les empreintes digitales des terroristes abattus.
Ainsi et tout en axant sur l'impact de la
formation et de son perfectionnement afin de l'adapter aux nouvelles donnes
technologiques, le 2ème Commandement régional de la gendarmerie nationale a
tenu à préciser que l'objectif de ces exercices de simulation et de tactique
est de parvenir à disposer d'un potentiel humain qualifié et spécialisé. Il est
question d'être au diapason du progrès et de la performance dans le but de
professionnaliser l'élément humain. C'est dans cette optique que des formations
sont initiées dans ce sens avec des cantonnements annuels de ces unités et de
nombreux thèmes d'exercice sont choisis en vue d'améliorer et de développer les
interventions logistiques, tactiques et techniques. D'importants moyens
techniques, humains, matériels et logistiques sont mis en place par le 2ème
Commandement régional de la gendarmerie pour la professionnalisation des
éléments de ce corps, sachant que, pour ces exercices, 119 moyens, 923 éléments
et 9 cellules ont été déployés. A noter que l'inauguration de ces exercices a
été effectuée par le Colonel Menad Commandant du 2ème Commandement régional de
la gendarmerie nationale. Des scénarios auxquels ont été invités l'adjoint chef
de la 2ème Région militaire, le général Ismaili Mustapha, les autorités civiles
et militaires de la wilaya de Sidi Bel-Abbès.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Assia
Source : www.lequotidien-oran.com