Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Sidi Bel Abbès L'ultime «halqa»



L'expérience de la «halqa» n'est pasnouvelle. Elle vient même d'être ressuscitée, le temps d'un spectacle. Conçuepar Abbès Lacarne, un ancien du «Masrah Echaâbi» (Théâtre populaire), avec lesartistes Sedjerari Abbès et Hassani Miloud, elle vient de faire des émules, àtravers les échos retentissants au sein des centaines de spectateurs nationaux,là où se joue le spectacle «L'ultime halqa».C'est l'histoire d'un «goual» qui, pour sadernière apparition sur la place publique (Tahtaha), est invité par deux de sesamis, gouala comme lui, à animer une halqa exceptionnelle où le goual esttantôt meddah, troubadour, animateur et tantôt ajajbi, conteur et comédien.L'ultime halqa se veut un devoir de mémoire et une tentative de réhabilitationde notre patrimoine culturel national en général et régional en particulier.Elle est ainsi un relais infaillible entre le passé et le présent. Pour cefaire, il est repris dans cette «farja» tous les adages et maximes, airspopulaires, chansonnettes et extraits de quacidate de poètes connus dans notrerégion et d'ailleurs. Nous citons Mostefa Benbrahim, Mohamed Benharet,Abderrahmane el Medjoub, Sidi Lakhdar Benkhlouf, Sidi Ahmed El Riffaï et biend'autres...Les adages et proverbes dont il estquestion sont, comme le dit Mohamed Bencheneb vers 1905 dans son livre intitulé«Proverbes de l'Algérie et du Maghreb», «des flambeaux qui éclaircissent lesdiscussions». Et Bencheneb d'ajouter: «si l'adage est cité dans uneconversation, il vient alors établir un contrat supplémentaire avecl'interlocuteur. C'est un signe de civilité et de savoir-vivre, il établit unclimat de sympathie réciproque qui peut faciliter le dialogue ou latransaction. Qui n'a pas le souvenir d'une grand-mère dont la conversationétait émaillée à longueur de journée de proverbes toujours cités à propos ? Quin'a pas connu de personnages, parfois un parent proche, qui ne parlaient ou nerépondaient aux interrogations qu'au moyen de proverbes ?L'ultime halqa c'est aussi la manifestationde certaines coutumes en pleine place publique. C'est aussi les souvenirs (legoual) de l'enfance à la tahtaha, c'est cheikh Daho, c'est Kabasso, c'est Moulel Ouaada, c'est Ammi Baba (Allah Yarhamhoum) sans oublier l'ami Hamdan avecqui il jouait à longueur de journée au tour de France, sans oublier aussi AmmiBenaji (crieur public à la mairie). La forme de jeu est celle utilisée de touttemps par le meddah et s'identifie au théâtre de rue non conventionnel. Elleest conforme à notre culture populaire où le spectateur est impliqué, voireparticipe au spectacle. L'ultime halqa c'est enfin une halte d'adieu pour ungoual qui a tant donné pour que vive la halqa et pour que nul n'oublie...!
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