La réputation surfaite d’un corps d’armée coloniale
2ème partie
Tout ressortissant étranger peut s’enrôler à condition d’avoir entre 18 et 40 ans et d’être en bonne santé; il n’est pas tenu d’informer les services du recrutement sur son passé. D’ailleurs, aucune pièce d’identité ne lui est demandée sauf dans le cas des mineurs. Un légionnaire s’engage tout d’abord pour une période de cinq ans, au terme de laquelle il est en mesure de demander la citoyenneté française. Cette formalité effectuée, il peut alors prétendre au rang d’officier, si son niveau d’instruction le lui permet.Au commencement, la Légion constituait un moyen très efficace pour retirer les éléments les plus «indésirables» de la société française du XIXème siècle. Ses rangs étaient remplis de meurtriers, d’évadés, de mendiants, de criminels de droit commun et d’immigrés non désirés. Le recrutement ne présentait aucune difficulté. Les troubles politiques, la misère, les guerres qui sévissaient alors en Europe poussèrent des cohortes d’hommes à s’engager dans la Légion. Des Allemands, des Belges, des Hollandais, des Espagnols, souvent des déserteurs s’engagèrent en masses dans ses rangs. Recrutement hétérogène «allant de l’aristocrate dévoyé au truand». Après la Seconde Guerre mondiale, Elle accueillit un grand nombre d’anciens combattants allemands. L’afflux de ressortissants allemands fuyant la misère ou débris de l’armée nazie fut si considérable qu’en 1946, le quota maximal de légionnaires allemands fut limité à un quart de l’effectif total de l’unité. Un «tableau des effectifs de la Légion» établi en 1963 donne l’origine nationale de plus de 500.000 Légionnaires ayant servi de 1831 à 1961. C’est pourquoi, on voit sur ce tableau une très forte majorité d’Allemands, principalement d’anciens soldats de la Wehrmacht et des Waffen SS. Les quartiers généraux de la Légion furent installés pendant 120 ans à Sidi Bel-Abbès, mais en 1962, l’Algérie indépendante demanda leur retrait.
Sidi Bel-Abbès fut, durant 120 années, la capitale de la Légion Etrangère. Le quartier Viennot était le point de rencontre de tous ces légionnaires. Près de 350.000 engagés volontaires de toutes origines et nationalités, passèrent par cette caserne. L’attrait pour la Légion Etrangère avait drainé vers Sidi Bel- Abbès une multitude de «têtes brûlées», marginaux dont la violence souvent aveugle fut difficile à canaliser, même dans l’exercice militaire. Mais aussi d’éminentes personnalités, aux itinéraires et aux destinées souvent très singuliers comme Le Prince Aage de Danemark, le violoniste lituanien Ulrich et jusqu’au père de Nicolas Sarkozy, Pal Nagy-Bocsa y Sarközy engagé dans la Légion à Sidi Bel-Abbès en 1945 et déclaré inapte et démobilisé en 1948. Des mauvaises langues disent que pour éviter d’être expédié ensuite en Indochine, il trouva un médecin juif, hongrois comme lui, qui le déclara inapte au service guerrier. Tous furent obligés de servir dans cette incontournable machine à naturalisation française, pour ne pas retourner dans leurs pays et tous passèrent à un moment ou à un autre par Sidi Bel-Abbès.
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A suivre...
Hani Abdelkader
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com