Les universitaires de la «Scène d’Or» jouent «Tartuffe»
L’Atelier théâtre universitaire «Scène d’or» de Sidi Bel-Abbès continue son petit bonhomme de chemin, toujours procurant ce plaisir infini d’assister à la mise à nu de nos comédies humaines, nos petites tragédies quotidiennes, nos mille incertitudes, nos mille perversions et quelquefois nos mille vertus. L’acte scénique présenté par les «artistes-étudiants» se traduit par le jeu de comédiens, masqués derrière des personnages certes allégoriques, mais qui ne sont en réalité que nos faits et gestes, en bien et en mal. Qui mieux que le génial Molière a su précisément démonter ce mécanisme infernal et demeure contemporain pour nous interpeller chaque fois que ses œuvres sont montées. Et voilà qu’une adaptation de Tartuffe à l’algérienne -œuvre la plus controversée en son temps-, vient à point pour bousculer, remuer pas mal de tabous notamment de ce que l’adage populaire reprend quand il s’agit de définir l’hypocrisie «l’habit ne fait pas le moine». Ainsi Mohamed Benbakreti superbe, époustouflant dans son costume noir, sa mimique fluide exprimant tout à la fois, cupidité, fausse dévotion, vanité, et tous les ingrédients du «gangstérisme», nous aura franchement embarqué dans sa galère, et montré ce que veut dire un malfaiteur qui n’hésite devant aucune barrière pour être le portrait exact du machiavélique et sa funeste formule «la fin justifie les moyens». C’est en toute évidence la monnaie courante de notre temps. Ce que Ghalem Bouadjaj et ses comédiens, -»de jeunes trésors» à encouragés-, ont proposé au public de Sidi Bel-Abbès, lundi dernier en après midi, un travail de premier ordre avec des moyens de presque rien. Bien des «pros» de ce métier des planches devraient s’y intéresser et comprendre que ce n’est pas un gros budget et des salles sophistiqués qui font un grand spectacle, mais l’œuvre elle-même quand elle «touche» le cœur et la raison. Tartuffe de l’Atelier théâtre universitaire «Scène d’or» a convaincu en ce jour de grand hiver, de vent et de pluie. Enorme ovation à Mohamed Benbakreti, à Idriss Fayçal Bouchentouf, à Draoui Mehdi, Lamia Benhamou, à Samia Bouanani et Rachid Belakili, lesquels ont rendu le climat tartuffien et surtout la joie de «jouer» et d’instruire.
Ahmed Mehaoudi.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com