Comme d'autres villes du pays Sidi
Bel-Abbès s'enorgueillit de certains beaux édifices publics et privés perçus
comme de véritables joyaux et repères architecturaux tels le théâtre, la
coupole, le siège de l'hôtel de ville, les mosquées, les banques anciennes et
autres châteaux... L'on ajoutera les carrefours tels celui des «Quatre
horloges», qui est situé à l'intersection des deux principales artères
centrales du périmètre urbain, à savoir ceux du boulevard la République et de
l'avenue Larbi Tebessi (ex-Prudon).
En effet lesdites «Quatre horloges»
viennent, au bonheur des autochtones et autres passagers et hôtes de la ville,
de «retrouver le nord», vu qu'elles ont dû connaître un arrêt qui a ainsi
motivé leur réhabilitation mais qui ne s'est pas passé sans que des
interrogations et des larges commentaires soient enregistrés.
La pose des «Quatre horloges» dit-on,
remonte vers la fin du 19e siècle. Cette pose a été effectuée sur des espaces
appartenant aux tribus autochtones des «Amarnas» qui furent dépossédées de
leurs biens matériels par les colonisateurs, qui commirent des exactions au
point où ils détruisirent les fontaines arabes qui existaient sur les lieux. Et
n'est pas par hasard que l'un des nombreux poètes locaux qui fut véritable
témoin de ces exactions criminelles, en l'occurrence feu Benharat Mostefa
évoqua, dans l'une de ses célèbres poésies, voire qacidates, la source «Aïn ba
Dahou» qui corrobore de l'existence de faits historiques qui vont à l'encontre
des écrits coloniaux qui ont ainsi mis en branle des mythes fondateurs sur la
création de Sidi Bel-Abbès.
Or malheureusement très peu de recherches
et de prospections ont été faites, indique en juillet 1993, le directeur du
CRNPAH (Centre national de recherche en préhistoire anthropologie et histoire).
D'autres preuves de l'existence d'une agglomération importante car, à quelques
centaines de mètres sur la place de marché du centre-ville, «une fontaine
anciennement construite par les Arabes» est remise à neuf, reconnaît donc
insidieusement un chroniqueur colonial qui naturellement fit l'impasse sur les
exactions de la prétendue «mission civilisatrice» sur les terres des Amarnas,
pourchassés par les légionnaires. C'est un lettré et militant de la cause
nationale feu Docteur Amir Benaïssa, qui n'hésita pas à écrire: «Sidi
Bel-Abbès, ville construite sur les ruines des Amarnas pourchassés par les
légionnaires», et ce, dans son ouvrage sur l'histoire de la santé en Algérie,
autour d'une expérience vécue dans ALN, dans wilaya V. En somme le site des
«Quatre horloges» n'est point isolé dans le tracé et dessin de l'actuel
périmètre urbain, voire l'ancienne armature, vu que Sidi Bel-Abbès,
l'indépendante au prix d'un long combat séculaire et d'innombrables sacrifices
humains et matériels s'est beaucoup développée, notamment avec l'extension
nord-est. Ainsi sur 42 ha de terrain plat, fut donc dessiné un rectangle
allongé dans le sens de l'oued Mékerra à cet endroit. Cette figure géométrique
était coupée par deux médianes, l'une d'orientation nord-sud, constituait l'axe
Oran-Daya d'où bab Daya, fortification construite pour se protéger des rebelles
locaux autochtones et autres tribus.. et la seconde, de sens est-ouest,
joignait Mascara et Tlemcen et à chaque point, une porte avec des remparts de 5
m de hauteur et des fossés de 3 m de profondeur. Ceci souligne l'aspect
défensif d'un centre situé sur un pays conquis...
Cela a, certes, duré mais n'a pas empêché,
le 1er Novembre 1954 de sonner minuit dans nos «Quatre horloges»...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kadiri M
Source : www.lequotidien-oran.com