Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Semences de pomme de terre



Les producteurs au bord de l’asphyxie Les trois quarts de la superficie réservée cette année à la semence de pomme de terre dans les wilayas de l’Ouest ont été affectés par le mildiou... Avec un total de 1.558 hectares contaminés à des degrés divers (de 50 à 100%), le bilan est jugé, aujourd’hui, des plus critique sur l’ensemble des wilayas touchées. Mais, pour un grand nombre d’opérateurs de la région, les dégâts provoqués à la culture par cette maladie cryptogamique sont loin d’expliquer, à eux seuls, le profond malaise que traverse la filière depuis déjà plus d’une année. Et pour cause! Lors d’un point de presse tenu, avant-hier à Sidi Bel-Abbès, le président de l’Association régionale des producteurs de semences de pomme de terre, Benyamina Habib, n’a pas hésité à pointer un doigt accusateur vers les responsables centraux de la CNMA et de la BADR qu’il n’accuse pas moins de bloquer sciemment, depuis plus d’une année, toutes les demandes de crédits de campagne introduites par les opérateurs et acceptées pourtant par les banques primaires aux niveaux local et régional. Un tel état de fait, déplorera-t-il, n’a pas manqué de se répercuter négativement sur la conduite d’une culture qui nécessite des besoins de financement considérables. Dans l’obligation de préfinancer la totalité des travaux, sans disposer pour cela de ressources autres que leurs fonds propres ou le recours à des emprunts extérieurs, les producteurs et multiplicateurs de semences de pomme de terre ont fini, pour la plupart, ajoutera M. Benyamina, par se retrouver au bord de l’asphyxie financière et courir ainsi le risque d’envisager même le gel de leurs activités pour la prochaine campagne». «Avec l’apparition subite du mildiou sur leurs parcelles de cultures, expliquera, à son tour, l’un des opérateurs présents au point de presse, les professionnels se sont retrouvés devant un véritable dilemme, celui d’abord d’être endettés, ensuite de n’avoir plus à envisager de récolte pour cette saison et, enfin, de ne prétendre à aucune indemnisation du fait de la suppression, décidée en 2007 par le ministère de l’Agriculture, de toute forme de soutien aux revenus des agriculteurs». «Ce qui complique encore plus la situation, poursuivra le même intervenant, c’est que l’assurance agricole multirisques contractée par les producteurs ne couvre qu’une partie infime des calamités naturelles telles la grêle, la gelée, le sirocco... Le mildiou, qui est en partie la conséquence d’une calamité naturelle, n’est pas reconnu comme tel et sujet à réparation pour le préjudice causé». «Pour toutes ces raisons, dira-t-il encore, les responsables du secteur agricole se doivent de prendre sérieusement en charge l’étude du dossier et envisager ainsi une aide éventuelle, sur le Fonds national de la régulation de la production agricole (FNRPA), au profit de tous les producteurs touchés par cette calamité». Lors de ce même point de presse, les opérateurs de la filière et leurs représentants aborderont avec les journalistes présents un certain nombre d’aspects de la problématique posée en relevant au passage l’absence flagrante des organismes techniques nationaux de l’agriculture qui n’auraient pas réagi rapidement sur le terrain en procédant à des analyses approfondies sur la qualité douteuse des semences introduites par certains importateurs nationaux qui doivent, de ce fait, demander des comptes aux fournisseurs étrangers. «Car, affirme-t-on, le Trésor public n’a pas à supporter seul la totalité de la facture».
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