Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Ouled Riah: Il y a 163 ans, les «enfumades»



Saisissant l'opportunité de l'évocation du génocide des Ouled Riah, dans le Dahra, région de Mostaganem, dont c'est le 163e anniversaire qui coïncide avec la date du 19 juin 2008, les membres de la section de wilaya de la Fondation du 8 Mai 1945 ont tenu à faire connaître à leurs adhérents, assoiffés de vérité, d'autres exécutions sommaires individuelles et collectives dans la région de Sidi Bel-Abbès et dans d'autres sites méconnus où la vérité a fini par sortir des puits.

En effet, du puits de l'ex-ferme Laumet, dans la localité de Oued Séfioun sur l'axe Saïda/Sidi Bel-Abbès où plus de 130 cadavres entassés ont été d'abord attachés puis jetés dans les puits par les soldats de la colonisation française que certaines voix ont qualifiée de «civilisatrice». Non loin de Oued Séfioun 120 autres dépouilles ont été signalées, il s'agit toujours de cadavres, produits d'exécutions sommaires et ce, dans la ferme Coulet au sud de M'cid. A Sidi Bel-Abbès-ville, 52 chouhadas ont été retrouvés aux Amarnas. 54 autres chahids, retrouvés eux aussi, dans un autre puits situé près de l'ex-Berthelot (aujourd'hui Daoud) sur l'axe Sidi Bel-Abbès/Saïda.

A la sortie sud de la ville, au champ de tir dit «Camissis» des dizaines de cadavres ont été retrouvés également à «Hassi Merdoum», un nom symbolique plein de sens. A Tilmouni, au douar Senaïssa près de Belarbi (ex-Baudens), près de Tenira, 24 km au sud de Sidi Bel-Abbès-ville, à Hassi Chetouane, vers Tlemcen, près de Ras El-Ma (ex-Bedeau), à la limite des Ouled Benabdallah, à Hassi Ouled Nasser, à Hassi Ouled M'barek...

Tout un listing non exhaustif précise M. Nehari Ali, secrétaire général et porte-parole officiel de la section du 8 Mai 1945, est à citer «autant de puits, autant d'exactions extra-judiciaires, autant de crimes contre l'humanité, dans ces puits qui pullulent dans les différentes localités de l'Oranie et dont la profondeur moyenne est de 10 m, précise notre source qui insista sur l'aspect exhaustif.

Pour ce qui est du 163e anniversaire des «enfumades des Ouled Riah», un génocide exécuté dans les grottes du Dahra, par les mains du sanguinaire Pelissier; ce dernier n'hésita pas à enfumer, à outrance, des centaines d'Algériens (près d'un millier) de la tribu des Ouled Riah, après avoir, entre temps, désarmé les populations qui avaient pris part à la révolte contre l'occupant colonial... Pelissier fit mettre le feu à l'entrée des grottes où ils s'étaient réfugiés... La chasse à l'homme eut lieu et se caractérisera par cette «enfumade» que l'on ne retrouvera, à ce jour, dans aucun manuel français.

A noter que lesdites grottes sont creusées dans le plâtre et non dans le calcaire comme tant d'autres. Elles sont constituées de galeries sans ramifications latérales et à peu près rectilignes... Ce sont donc des couloirs obscurs longs d'environ 200 m... Aucune plume ne saurait rendre la description de ces «enfumades», souligne notre source qui citera d'autres lieux. Dans la région de Tlemcen, à Ouled Mimoun (ex-Lamoricière), 41 personnes ont été asphyxiées en mars 1957. Les populations de cette région, en contact régulier avec le FLN/ALN, ont vite découvert l'acte ignoble. Dans la capitale des Ouled Slimane, c'est-à-dire la ville de Sfisef, une trentaine de martyrs ont été asphyxiés le 16 avril 1957, un mois après ceux de Ouled Mimoun, comme pour signifier une constance dans les exactions sommaires. Cela s'est passé dans la cave dite «de Laforgue». Parmi les exécutés, en majorité des djounoud de la zone V, wilaya V, au nombre de 21, l'on cite les 4 membres de la famille Boussatla, les deux frères Boulsis: Djelloul et Baghdad, les deux Kaddous: Mohamed et Mustapha, les deux Senoun: le père et le fils, indique la même source.

D'autres endroits de la région ouest et du pays y figurent, tient à mentionner notre interlocuteur M. Nehari Ali.

C'est un peu ou selon ses termes, «à vrai dire, l'histoire d'un grand silence» qui a tenu à faire cacher la France coloniale. D'autres pratiques d'extermination, telles les cuves à vin furent longtemps usitées pour contrer la résistance et la rébellion du peuple en lutte.


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