Peine capitale pour un policier
La cour criminelle de Sidi Bel-Abbès a condamné, samedi, un policier auteur d’un quadruple crime, à la peine capitale.
Les trois premiers meurtres pour lesquels était jugé le policier A.B., âgé de 35 ans et originaire de Oued El-Abtal dans la wilaya de Mascara, ont été commis, selon le dossier présenté à la justice, avec l’aide d’un complice, R.M., de la même localité. Quant au quatrième crime, il a été perpétré par le policier seul et la victime n’était autre que son... acolyte. Dans cette dernière affaire, le policier a utilisé sa propre arme à feu et le corps de R.M. avait été retrouvé le 09/02/2002 enveloppé dans un tapis et jeté dans une décharge publique au quartier «Le Rocher», à la sortie nord de la ville de Sidi Bel-Abbès. Tout a commencé par une rencontre des deux amis, natifs de la même commune, en 2000 à Oran. Ils commencent alors à se voir fréquemment et, à l’été de la même année, ils partent d’Oran vers la ville de Mohammadia (Mascara) à bord d’un taxi de type Peugeot 505. A mi-chemin, ils assassinent le chauffeur, R.M., avec l’arme du policier, et abandonnent le corps sur la route. La voiture de la victime est ensuite vendue et le fruit de la vente est partagé. Le deuxième crime a été commis en septembre 2000. Cette fois, ils s’attaquent de la même façon à un jeune taxi clandestin, Z.Ch.L., qui devait les emmener à Zahana. Ils se débarrassent ensuite pareillement de la Renault Clio pour se partager l’argent. Le troisième crime a eu lieu le 2 janvier 2002. Les tueurs s’en prennent à B.H., également taxi clandestin, qui devait les accompagner de la ville d’Oran à Sidi Bel-Abbès. Dans cette affaire, les deux acolytes invitent le chauffeur à prendre un café avec eux, dans un appartement situé au quartier Le Rocher. B.H. ne doutait point du sort qu’ils lui réservaient, connaissant de vue le policier qui exerçait à la 7e Sûreté urbaine à Sidi El-Houari. Il sera donc assassiné et son corps enveloppé dans un sac en plastique et jeté dans la décharge publique du même quartier où a eu lieu le crime. C’est encore l’arme du policier qui a été utilisée dans cette affaire. Quant au dernier crime, il a eu lieu le 9 février 2002. Les deux acolytes se retrouvent, ce jour-là, dans l’appartement pour une soirée arrosée et cela se termine par l’élimination du complice par le policier. Celui-ci brûle ensuite le visage de sa victime et une partie de son corps, glisse la dépouille dans un grand sac en plastique puis l’enveloppe dans un tapis pour la jeter dans la décharge publique, comme pour le taxi clandestin. Le corps est découvert par des bergers le lendemain matin. L’enquête déclenchée par la police permet d’identifier le corps dont la famille soupçonnera rapidement l’ami intime, à savoir le policier qui sera arrêté chez lui. La perquisition devait permettre la découverte des documents des voitures volées et les papiers des victimes. Devant le juge, l’accusé avoue avoir commis le dernier crime mais nie être l’auteur des précédents meurtres en tentant de tout mettre sur le dos de sa dernière victime. Le représentant du ministère public, convaincu de la culpabilité du mis en cause, surtout que, fait aggravant, il s’agit d’un policier, requerra la peine capitale, ce que la cour prononcera après délibérations.
S. Derraz
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com