Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Histoire



La santé à Sidi Bel-Abbès sous l’occupation française (2ème partie) La médecine à deux vitesses que pratiquait la colonisation fut bien impuissante à endiguer les vagues d’épidémies qui s’abattirent sur la ville dans les années 1849, 1854 et surtout la redoutable pandémie des années 1867-1868. Durant ces dernières années, la ville connut une surmortalité qu’expriment les statistiques de l’Etat civil, enregistrant pourtant les seuls décès comptabilisés par les services sanitaires et qui touchèrent pour l’essentiel les indigènes musulmans et juifs. Comme pour les épidémies précédentes, c’est de France qu’arrive le choléra morbus où il sévissait déjà depuis les premiers mois de l’année. 476 décès sont recensés en 1868. Les décès non enregistrés furent certainement plus nombreux... Les premières campagnes de vaccination sont lancées. Elles touchent superficiellement les populations arabes désormais cantonnés dans leurs misérables douars. Certaines populations coloniales présentent des résistances d’un autre genre à la médecine moderne. En 1896, le docteur Lenez, exerçant à Sidi Bel-Abbès, note que les Espagnols de la ville sont «le peuple le plus réfractaire qu’il soit possible de voir aux prescriptions hygiéniques, même les plus élémentaires. Sa saleté n’a d’égale que sa morgue.» En 1927, la ville disposait de 10 médecins, 6 pharmaciens et 4 sages-femmes. La commune disposait d’un médecin, fonctionnaire municipal chargé de donner des soins aux employés municipaux et aux indigents et aux filles publiques... mais pas encore d’un hôpital civil à la mesure de ses ambitions. Et c’est l’hôpital militaire Fernand-Robert, médecin-capitaine mort au cours d’une épidémie de typhus à l’hôpital de Baudens qui accueillait, quand c’était nécessaire, les malades civils de la ville. Cela n’allait pas sans quelques frictions entre les autorités militaires et les ambitieux édiles de la ville. Aussi, en 1934, l’ambitieux maire PPF de Sidi Bel-Abbès, Lucien Bellat, décida de la création d’un ensemble hospitalier composé d’un hôpital, d’un hospice et d’une maternité. Lucien Bellat fit don à la ville d’un terrain de 7 hectares au Bois de Boulogne au Faubourg Thiers. Le Bois de Boulogne fut jugé «site de bon air où il existe déjà un parc et un jardin avec de l’eau en abondance et de premier choix pour le jardinage.» En dépit des critiques de ses rivaux politiques, notamment le précédent maire de la ville Lisbonne, pour qui le projet allait détruire les précieuses ressources en eau du Bois de Boulogne, les travaux furent officiellement lancés en juillet 1934, lorsque Lucien Bellat en posa solennellement la première pierre. Le projet devint fonctionnel en 1939. En 1942, avec le débarquement des Américains en Afrique du Nord, le nouvel hôpital et l’ancien hôpital militaire semblent déborder et on doit transformer la belle école d’agriculture en hôpital militaire. Pour la mettre à l’abri des éventuels bombardements, une grande croix rouge est peinte sur le toit du bâtiment. Dans les années 58-60, l’hôpital civil de Sidi Bel-Abbès connut une nouvelle extension. On y construisit deux nouveaux pavillons, le premier abritant le service antituberculeux et le second la maternité. Quant à l’hôpital militaire Fernand Robert, il continua à activer jusqu’en 1962.       Par Hani Abdelkader
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