Le rire mystérieux de Beckett sur les planches
Sous les feux de la rampe, les personnages de Beckett attendent dans un temps immobile ; ils attendent, croit-on savoir, Godot le personnage énigmatique. Depuis les années 50, ce mythe de la scène fascine les metteurs en scène, parmi eux le prolifique Abbar Azzeddine très connu pour ses élans vers les grands textes dont Ray Bradbury dans une adaptation d’une de ses œuvres le «Cratère de Chicago». La Théâtrale «En attendant Godot», coproduite par le Théâtre régional de Sidi bel-Abbès, conjointement avec la Maison de la culture de Tindouf, aura, dans la vision de Abbar, une image beaucoup plus éloignée de l’esprit de Beckett, donnant libre cours plutôt à son imagination à travers lequel l’on aperçoit des personnages moins absurdes dans un espace moins abstrait. Le Godot de Azzeddine a plus de sens, les mots ne sont pas rares. Abdellah Djellab, moins incisif que la précédente version, n’aura pas su traduire la source première de la dégradation de la classe autocratique en tant que concept.
Toutefois, sa prestation dans le jeu est égale à elle-même, toujours aussi vigoureuse au même titre que Bela Boumédienne, faisant duo dans une ambiance de poids mort. L’attente de ne rien faire, ou de se dégoûter, ou de régler d’anciens comptes ou d’asservir à travers le rapport Pozzo-Luky, montrait dans toute sa nudité que la difficulté n’est pas de réaliser, mais de créer une scénographie propre à l’intériorité et son impact sur les éléments du jeu qu’est l’effet de lumière et des coups dans les mots qu’on prononce. A l’avant-veille de la clôture, un tel spectacle mérite tout de même une acclamation du fait de l’épaisseur d’une telle œuvre.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com