7 à 10 ans de prison requis
Différée à plusieurs reprises, la fameuse affaire liée à l’échec d’un projet de plantation de 200 hectares en oliviers à Tessala (Sidi Bel-Abbès) a été jugée cette semaine par le tribunal pénal d’Aïn Temouchent et mise en délibéré pour le mois de décembre prochain.
Le huis clos ayant encore été de mise dans ce procès, les seules informations parvenues à la presse ne concernaient, pour l’essentiel, que le réquisitoire du représentant du ministère public qui aurait requis des peines de prison ferme de 7 à 10 ans à l’encontre des sept personnes citées et poursuivies par la justice pour leur implication, à des degrés divers, dans l’affaire. Il s’agit de l’ancien conservateur (10 ans), du chef de circonscription (8 ans), du directeur gérant de l’entreprise privée chargée de la réalisation du projet et de quatre autres fonctionnaires de l’administration forestière (7 ans chacun).
 Remontant aux années 2002 et 2003, cette affaire concerne une opération de plantation de quelque 200 hectares d’oliviers à Oued Besbes (Djebabra) destinée à l’exploitation agricole au titre d’une future attribution à un groupe de fellahs concessionnaires de la commune de Tessala. Inscrit au titre du FNRDA (marché n°102/2001 du 11 juin 2001 et avenants), ce projet aurait, semble-t-il, enregistré un taux d’échec de plus de 95% et abandonné par l’entreprise chargée de sa réalisation. En sa qualité de responsable chargé du suivi et du contrôle des travaux de plantation, le chef de district de Tessala aurait signalé le fait à sa hiérarchie ainsi qu’aux représentants de l’administration au niveau du site d’implantation, à savoir le chef de daïra et les présidents des APC de Tessala et de Sehala. «Des anomalies flagrantes dans la conduite des différentes opérations prévues par l’itinéraire technique de la plantation, le non-respect des clauses telles que définies par le cahier des charges spéciales (CPS), voire même une erreur d’appréciation dans le choix de l’impact actuel vivement contesté en raison de la texture argileuse de son sol...» seront entre autres les principales observations rapportées dans son rapport. Pour prouver encore mieux le bien-fondé de son analyse, le même forestier ne manquera pas de rappeler que «des expériences analogues effectuées sur le même site entre les années 1983 et 1985 se seraient traduites par un échec total des plantations». Et, pour tout un ensemble de motifs techniques et bien d’autres raisons, il demandera à sa tutelle «l’arrêt immédiat du chantier en question et l’ouverture d’une enquête sur l’entreprise privée de réalisation, laquelle, par ses actes, aurait occasionné à l’Etat un préjudice financier de près d’un milliard et demi de centimes». Ces graves accusations finiront par provoquer l’ire de ses responsables hiérarchiques... Et, au lieu d’être félicité, le malheureux brigadier-chef de district sera, contre toute attente, destinataire d’une décision le mutant à… Tindouf. Mais, saisis entre-temps, les membres de la commission de recours de la wilaya de Sidi-Bel-Abbès finiront par rejeter cette décision arbitraire pour «non respect des procédures réglementaires et statutaires dans l’appréciation des faits reprochés à un agent qui n’a fait finalement que son devoir». Sorti depuis en retraite, il ne se lassera jamais de soutenir haut et fort qu’il y a eu maldonne dans ce lot de 200 hectares faisant partie d’un projet initié par la direction générale des forêts sur une superficie globale de 1.000 hectares sans être soumis à l’approbation préalable du comité technique de la wilaya de Sidi Bel-Abbès quant à sa faisabilité technique et sa viabilité économique après réception et son transfert au secteur de production agricole.
En attendant le jugement du tribunal après la mise en délibéré de l’affaire, il semble que de nouveaux éléments, dont des «extraits de rattachement prouvant que les travaux prévus lors de la première phase du projet n’auraient pas été exécutés mais cumulés et payés», auraient été introduits au dossier par les différentes parties du procès, ce qui ne manquera certainement pas de faciliter dans une large mesure le travail de la justice pour tirer au clair cette sabreuse affaire de plantation d’oliviers qui ne cesse de défrayer la chronique à Sidi Bel-Abbès.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com