Une nouvelle catastrophe évitée de justesse
Une nouvelle fois, le dispositif mis en place pour la protection de la ville de Sidi Bel-Abbès contre les inondations générées par les crues cycliques de l’oued Mekerra vient d’apporter la preuve de sa fiabilité.
Grâce aux multiples ouvrages et amé-nagements réalisés ces dernières années pour canaliser et briser la furie des eaux en amont de la cité, une véritable catastrophe a pu être évitée à la population riveraine dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. De l’avis des spécialistes, la crue de l’imprévisible rivière n’a jamais atteint une telle hauteur de cote, tout particulièrement durant le printemps qui est loin d’être la saison de survenance habituelle d’un phénomène à fréquence automnale ou hivernale. Le plus gros volume des eaux boueuses charriées par la Mekerra a été absorbé par les canaux de dérivation, ce qui a eu pour effet immédiat de réduire le niveau des eaux à la limite des berges de l’oued à l’intérieur de la ville. «Des millions de mètres cubes d’eau propagés par la crue printanière ont pu être contenus par le mur en gabions et dérivés par ce canal à l’entrée sud de la ville» et éviter à la population de revivre les affres du passé», dira M. Mehdi, président de l’APC de Sidi Bel-Abbès, présent sur le site dès qu’a été donnée l’alerte de l’imminence d’une crue après la montée des eaux de la Mekerra à Ras El-Ma et de quelques cours d’eau ayant fait jonction, pour la première fois avec elle, à partir de la commune limitrophe d’El Gor, dans la wilaya de Tlemcen. «Des espaces disposés en cuvettes à la périphérie est de la ville -au niveau du manège, du faubourg Boumelik et d’une ferme située à proximité du quartier «Le Rocher»- constituent les seuls sites à être réellement inondés dans la commune de Sidi Bel-Abbès avec quelques pertes et dégâts occasionnés aux familles et à leurs habitations ainsi qu’à certains ouvrages publics», fera remarquer le même responsable.
Exposée de génération en génération à la grande acuité du risque inondation comme d’autres le sont par ailleurs avec divers phénomènes naturels ou artificiels tout aussi dévastateurs, la population de la wilaya n’espère pas moins, aujourd’hui, que le plan d’aménagement hydraulique initié par les responsables locaux soit pris en charge avec l’extrême rigueur pour mettre définitivement à l’abri la ville de Sidi Bel-Abbès et les localités riveraines contre les inondations générées par les crues décennale et centennale de la Mekerra. Outre les actions dites intégrées (corrections torrentielles, reboisement et fixation des berges) menées en amont par la conservation des forêts, la première phase de ce plan concernant la crue décennale a porté sur une série d’ouvrages et d’opérations réalisés ces dernières années. Il s’agit, entre autres, d’un mur latéral en gabions, du réaménagement et du recalibrage du canal de dérivation sud dont la capacité passera de 20m3/s à 130m3/s, l’amélioration des conditions d’écoulement de l’oued en zone urbaine et la création d’un délestage des écoulements de l’oued au niveau de Sidi Lahcene, vers le canal sud. A cela s’ajoutent aussi un autre ouvrage de dérivation, reliant le pont de Sidi Lahcene au canal Sud en contournant la ville, de même que le doublement du canal actuel de dérivation vers oued Sarno en passant le lac de Sidi Mohamed Benali, ainsi que d’opérations de recalibrage de l’Oued Mellah, sur une longueur de 1.800 mètres et la confluence vers oued Mekerra entre les localités de Tilmouni et Sidi Bel-Abbès, la création de trois retenues sur Oued Mouzene et sur les écoulements de surface aboutissant dans le canal sud. S’agissant de la crue centennale, le même plan prévoit la réalisation d’un projet de barrage écrêteur confié récemment à l’entreprise COSIDER, qui permettra d’écrêter un hydrogramme de 1.500m3/s maximum. D’une capacité de rétention de 20 à 25 millions de m3, ce futur ouvrage sera construit sur le cours même de l’oued au niveau d’un site d’implantation situé sur le territoire de la commune de Tabia, à une quinzaine de kilomètres au sud du chef-lieu de wilaya. D’autre part, dans le cadre du même programme de lutte contre les inondations, la wilaya de Sidi Bel-Abbès a bénéficié de deux opérations importantes portant, l’une, sur la mise en œuvre d’un système d’alerte automatique des crues développé par une société spécialisée et recourant essentiellement au réseau téléphonique existant, l’autre, sur l’élaboration d’un plan directeur de gestion des risques.
S’il est permis de dire que l’imprévisible Mekerra est en voie d’être définitivement domptée par la ténacité des hommes en amont de la ville de Sidi Bel-Abbès, pour le reste du bassin versant les choses semblent encore beaucoup plus complexes. L’expérience douloureuse vécue ces derniers jours par la population de Moulay Slissen exige dorénavant la mise en œuvre de mesures autrement plus drastiques pour être en mesure de vaincre cette fatalité des inondations en série. Il est vrai que dans le cadre du plan de soutien à la croissance économique (2005-2009), le dispositif de protection a été élargi à sept nouvelles localités du bassin versant (El Hoceïba, Tenira, Hassi Daho, Boukhanefis, Sidi Khaled, Sidi Lahcène et ... Moulay Slissen). Cela dit, l’étude technique préliminaire lancée à cet effet ne doit pas, disent les spécialistes, se limiter aux seuls volets hydro-géologique et hydro-morphologique mais privilégier une approche interdisciplinaire et multisectorielle dans l’étude d’un phénomène qui représente en fait un risque majeur pour l’ensemble de la population de la wilaya de Sidi Bel-Abbès.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com