Sidi-Belabbes - Revue de Presse

Cinémathèque de Sidi Bel-Abbés



Exposition de photos et de livres du poète chilien Pablo Neruda La cinémathèque de Sidi Bel-Abbés abrite actuellement une intéressante exposition de photos autour du grand poète chilien nobélisé, Pablo Neruda. Initiative louable s’il en faut d’autant que ce barde chilien nous aura légué les plus belles pages que peut chanter un poète à l’humanité entière au-delà de ses convictions idéologiques ou partisanes. La voix du poète a ceci de lointain, il voit loin et ses mots vont toujours de l’avant comme pour défricher le présent, et éclairer les horizons. Pablo l’avait dit de son vivant, dans son recueil testament «J’avoue que j’ai vécu»; il aura vécu le vingtième siècle dans toutes les facettes de ses tragédies à travers deux grandes guerres, des guerres coloniales, impérialistes et surtout ce qui l’a le plus blessé, le dramatique coup d’Etat contre le gouvernement de Salvador Allende dans des circonstances que la conscience humaine n’a pas encore pu oublier. Et là où il avait bien senti que le monde basculait vers l’incertitude, reste du domaine de l’actualité. Neruda est né le 12 juillet 1904 à Parral. Il s’imbibe entièrement de la nature. A treize ans, il écrit déjà des poèmes et des proses et à partir de 1920, il étudie la littérature française et la pédagogie; il espère devenir professeur de français. Son premier livre «Crepusculairio» lui donne déjà une certaine notoriété de jeune auteur doué. On aura des titres percutants dont «L’amour est une chanson désespérée». Le poète prend son envol et le monde s’ouvre à lui. 1927, il est nommé consul et se retrouve tour à tour à Rangoon, Batavia, Calcutta, Buenos Aires. Il prend conscience que le poète a le devoir de s’engager et défendre des causes évidemment justes. Il rentre au Chili, y publie «Résidence sur terre» et en 1935, fait la connaissance du poète gitan andalou Federico Garcia Lorca. Cette rencontre le bouleverse tant il découvre en Lorca une force poétique peu commune, un lyrisme profondément ancré au cœur du peuple. La mort de Lorca assassiné en 1936 lui laisse un traumatisme qui le poursuivra toute son existence. Il poursuit sa carrière politique du reste très controversé et devient sénateur en 1945. Très vite, la dictature du président Vidéla le mène en exil, se réfugie à l’étranger, précisément en Europe de l’Est. C’est dans ce contexte douloureux qu’il produit son chef-d’œuvre «Chant général», œuvre interdite au Chili. En 1953, il rencontre la femme de sa vie en la personne de Mathilda Urrutia et il en sortira «Centaines d’amour» en son honneur. 1957, année où il est nommé président des écrivains après être retourné au pays en 1952 et publié «Odes élémentaires». 1964, il fait campagne pour Salvador Allende. Oxford lui attribue le titre de docteur honoris causa. Sa verve ne diminue pas, il y aura en vrac «La barcarolle», «Les mains du jour» et «L’art des oiseaux». En 1969, il se présente en candidat du PCC aux élections présidentielles puis renonce en faveur d’Allende. Avec la victoire d’Allende, il occupe le poste d’ambassadeur en France. Il publie «l’épée de flamme» et «les pierres du ciel». Sa plus grande consécration aura été son obtention du prix Nobel de littérature le 21 octobre 1971. Comme un signe avant-coureur, le coup d’Etat de 1973 et la mort de son ami Allende coïncide 12 jours après la sienne. Il meurt à l’hôpital Santiago et sa mort bouleverse le monde. Ahmed Mehaoudi
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