ENIE-SBA passera à la fabrication industrielle
L’entreprise nationale des industries électroniques (ENIE-Sidi Bel-Abbès) vient de procéder à la finalisation d’un ambitieux projet visant à élargir son champ d’activités à la fabrication des cellules et panneaux photovoltaïques.
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Inscrite dans le cadre du plan de développement de l’entreprise, la réalisation de ce projet s’étalera sur cinq années pour un montant cumulé d’investissements de 24,8 millions de dollars US, répartis entre l’acquisition de nouveaux équipements de production de cellules et de modules solaires, les moyens logistiques et la mise à niveau du site d’implantation (16,5 millions), et la réhabilitation complète (rétrofitting) des équipements et installations de l’unité de fabrication des composants actifs «semi-conducteurs» déjà existante (8,3 millions).
Selon le directeur général de l’entreprise, Abdallah Sahouli, «les 92% des investissements projetés -dont 44% existants déjà sur le site (une salle blanche d’une superficie de 608 m², trois fours de diffusion, un four, station de décapage et nettoyage, un ensemble d’équipements de mesure et de test, une salle des gaz…)- seront mis en place durant l’exercice en cours, avant même le démarrage des activités prévu en septembre prochain». Il souligne à ce propos que «suite aux différentes études et consultations menées autour de ce domaine de spécialité, une stratégie entreprise en trois phases s’est imposée d’elle-même pour assurer une meilleure prise en charge du projet». «La première phase, explique-t-il, qui couvre les quatre derniers mois de 2007, portera, dit-il, sur des études de faisabilité ainsi que l’importation et la vente de diverses solutions solaires (éclairage publique, pompage solaire, thermique solaire…) au profit d’un certain nombre de clients. Le taux d’intégration locale des produits fabriqués et commercialisés par ENIE sera de 50% contre 50% à l’importation uniquement des panneaux et des régulateurs. Les premiers débuts de la production seront surtout mis à profit, poursuit M. Sahouli, pour maîtriser l’activité en termes de process de fabrication et connaître mieux le marché local et international. La seconde phase couvrira l’année 2008 avec, cette fois-ci, l’assemblage en usine de tous les produits photovoltaïques sous forme SKD, et ce, avec un taux d’intégration de 60 à 65%. La troisième et dernière phase du programme consistera en la fabrication des cellules solaires et l’encapsulation des panneaux sur les chaînes mêmes de l’entreprise avec un taux d’intégration nationale (ENIE et autres EPE locales) pouvant se situer entre 85 et 90%. A ce stade de la production, l’entreprise n’aura à acheter de l’étranger que le lingot de silicium pour la fabrication des cellules alors que tout le reste des composants sera produit au niveau local… Ainsi, la production sous une forme véritablement industrielle et intégrée sera effective dès janvier 2009». «Approuvée par l’ensemble des spécialistes du domaine et firmes européennes candidates à un partenariat avec ENIE, cette stratégie en trois phases aboutira à la mise en place d’une joint-venture (JVC) en 24 mois», nous fait encore savoir notre interlocuteur.
A propos de la rentabilité de ce projet, le même responsable ne manquera pas de rappeler que «le marché algérien est lui-même fortement demandeur de ce type d’énergie, et ce, conséquemment à la promulgation des textes relatifs à la protection de l’environnement et l’utilisation des énergies renouvelables». Il citera à titre exemple «le vaste programme national d’électrification par le biais de stations solaires photovoltaïques qui est actuellement en cours d’exécution, un certain nombre de clients potentiels relevant des secteurs de l’environnement, des travaux publics, de l’agriculture, des douanes… ou encore de grands projets structurants tels celui de l’autoroute Est-Ouest, pour lequel l’ENIE est en mesure d’assurer pas moins de 480.000 solutions sur l’ensemble du tracé».
Il fait observer à ce propos que «le marché potentiel national des panneaux photovoltaïques se situe aux environs de 100 MWc pour les cinq années à venir». Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il s’agit-là d’un créneau à très forte valeur ajoutée par rapport à une large gamme de produits informatiques. En guise de comparaison, le DG de l’ENIE explique qu’une simple «solution solaire» destinée à l’éclairage public représente un gain neuf fois supérieur à celui du téléviseur».
«Les résultats prévisionnels attendus avec le lancement de ce nouveau segment d’activité à Sidi Bel-Abbès permettra de passer de 15 millions de dollars USD, la première année, à 135 millions de dollars USD, la cinquième année. La valeur ajoutée qui sera réalisée, la première année, avec 6,8 millions de dollars USD, sera également multipliée par sept en année terminale du projet, et ceci, en raison de l’intégration progressive et l’amélioration du rendement.»
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com