«Si je n’ai pas de garanties des autorités, je ne suis pas preneur»
Aïda Belkacem, est-il l’homme de la situation pour l’USMBA ? Actuellement, si l’on se réfère à ce que vit El-Khadra juste après la démission du président sortant et son comité directeur, nous répondrons, tout simplement, par l’affirmative, car les industriels et les hommes fortunés capables de prendre l’USMBA, ne se sont pas manifestés pour présider El-Khadra. Nous l’avons abordé juste après la réunion pour nous livrer ses impressions.
- Vous étiez le seul candidat, a priori, vous l’êtes pour l’instant, en attendant d’autres, durant ces trois jours. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous porter candidat ?
- Après que M. Baghdad Benaïssa a annoncé son départ, avec son bureau, et vu que personne ne s’est manifesté pour la présidence et pour que l’équipe ne soit pas à l’abandon. Je me suis présenté, par devoir et pour sauver l’intérêt de la ville car ici à Sidi Bel-Abbès, on s’est habitué à entendre qu’il n’y a pas d’hommes. Mais, cela est tributaire de certaines conditions primordiales.
- Lesquelles ?
- Je veux des garanties et des assurances de la part des autorités locales pour m’aider dans cette tâche. Gérer un club de la dimension de l’USMBA n’est guère facile et la Nationale «Deux» demande beaucoup de moyens et de sacrifices. Je suis prêt mais pas en tout. Je ne veux pas qu’on me mette de la gueule du loup puis qu’on m’abandonne. Je le répète, l’USMBA n’est pas ma priorité, je ne suis qu’un enfant de la ville, j’ai agi par «nif». A cette heure, je ne suis pas encore président, s’il y a quelqu’un qui puisse faire mieux que moi ou s’il peut avancer de l’argent, je peux me retirer sans le moindre problème et je suis prêt à l’aider financièrement. Si ces conditions ne sont pas réunies, je ne suis pas preneur, Messieurs!
- Lors de la réunion, on vous a entendu demander au DJS de retirer votre candidature. Pourquoi?
- Pour la simple raison que le bilan approuvé par l’AG contient un montant de dettes énormes, avoisinant les 3,5 milliards. Je n’ai pas fait lecture de ce bilan mais d’après que j’ai appris c’est considérable. Cela date depuis des années, quatre ou cinq. Je ne viens pas pour gérer des dettes.
- Mais vous êtes censés gérer le passif aussi ?
- Je suis entièrement d’accord avec vous mais cela il faut que ce soit justifié. Il fallait, au moins, faire passer ce bilan, à la limite, à l’audit.
- Ces dettes vous découragent ?
- Ecoutez-moi, je suis tenu par mes affaires professionnelles en Espagne. Si je me suis présenté c’est pour apporter du sang neuf à cette équipe. Pour réaliser cet objectif, il me faut me sacrifier avec mon groupe. Donc, si les autorités s’engagent à remettre les compteurs à zéro, on est prêt pour le défi et rendre à l’USMBA son image d’antan en tant que club professionnel. Sinon, je ne suis pas preneur et je ne jouerais pas à ce jeu brûlant.
- Peut-on connaître les grandes lignes de votre programme, à court et long terme ?
- D’abord, il faut, en toute urgence, maintenir le club en Nationale Deux pour lui assurer de la stabilité et moraliser le club tout en le structurant avec la mise en place d’un règlement intérieur propre à l’association dont l’article 1, définir les critères pour être membre de l’AG de l’USMBA. Car, dorénavant, ce ne sera pas n’importe qui viendra assister à l’AG de l’USMBA. Seuls, ceux qui cotisent, annuellement, auront le droit à la parole et pourront demander des comptes au président de l’USMBA et à son bureau. A commencer par moi-même et mon comité l’an prochain. Nous rendrons des comptes à ces membres qui cotisent. Avec cet argent, la préparation de l’intersaison de l’USMBA est assurée et le groupe s’éloignera de la pression. La composante de l’AG sera revue. J’en ferai une de mes priorités et si quelqu’un commet une faute, la justice tranchera. En instaurant pareilles cultures, l’USMBA pourrait retrouver ses comptes. Tout président sortant doit justifier son passage à l’USMBA, que ce soit sur le plan moral ou financier. Et là, j’adhère totalement à l’initiative prise par M. le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Yahia Guidoum. A partir de là, on verra naître un grand club à Sidi Bel-Abbès, qui se respectera, Inchallah.
A long terme, nous comptons constituer l’USMBA en SARL. On créera des ressources financières pour l’équipe, dans trois à quatre ans, pour qu’elle s’autofinance.
- Ferez-vous la formation l’une de vos priorités?
- C’est notre souci majeur. Nous comptons installer un bon staff technique au niveau des jeunes. Pour moi, il est insensé qu’une wilaya comme la nôtre avec ses 52 communes ne puisse réunir onze joueurs capables de maintenir le club en Nationale «Deux». Sidi Bel-Abbès a été toujours un grand réservoir. Où sont les autres clubs de la ville, à commencer par le MCBA, où est le Machaâl ? Qui alimentait l’USMBA en joueur de valeur, ce grand club est arrivé à jouer en seconde division de la hiérarchie nationale. L’USMBA offrait des joueurs aux différentes sélections nationales et régionales de toutes catégories. Où sont nos champions? Où sont nos vainqueurs de coupe d’Algérie, des jeunes? D’ici la fin de notre mandat, 80% de l’équipe proviendront des enfants de la ville. L’USMBA ne se renforcera qu’en joueurs professionnels car cela se faisait dans le temps du Dr Hassani avec les Ben Barek, Nehari, Soukhane, Hamid Zouba et les Tunisiens Henia, Lahmar Kerrit et j’en passe. A quoi bon de ramener un joueur à coup de millions pour qu’il demeure sur le banc ? Moi, je préfère un junior sur le banc.
- Et les joueurs, comment comptez-vous les recruter, sachant que le marché s’est vidé des meilleurs?
- Avant cela, j’ai déjà discuté avec certains joueurs prêts à porter ou à porter de nouveau le maillot du club. Il nous faut des joueurs d’expérience pour nous maintenir et vous savez dans quelle situation. Si le destin le veut, on va prendre le club. Certes, le temps ne joue pas en notre faveur mais on essaiera de se rattraper. Je souhaite que la date du début de championnat soit reculée. Je pourrai vous citer des noms une fois qu’on sera à la tête de l’USMBA et qu’on conclut avec ces joueurs. Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce sont des joueurs qui ont évolué en Nationale «Une» et «Deux».
- Peut-on avoir une idée sur votre staff dirigeant et technique?
- Et là, aussi je ne peux vous dire autant. Le bénévolat n’existe pas chez moi. Seuls les compétents ont leur place dans mon organigramme. Je peux me tromper sur le choix d’une personne mais c’est le principe, je ne peux satisfaire tout le monde. Il y aura X cette année, l’an prochain, il y aurait Y. Sait-on jamais. Si tout le monde se dit compétent, tant mieux pour la ville et il y aura de la place pour tout le monde.
- Comment comptez-vous réussir de votre mission?
- Avec l’apport de tout le monde, personnellement, je suis convaincu qu’on va faire quelque chose pour cette ville et à l’UMSBA. Simplement, les gens doivent savoir patienter et nous aider et ils constateront d’eux-mêmes, le changement. Plus de place à la médiocrité. Les gens qui seront à l’USMBA seront tous, de niveau. Pour moi, je suis l’homme du chargement. Je compte sur les autorités locales, nos principaux bailleurs de fonds, les sponsors qui ne manqueront pas, les relations aussi des entreprises comme Hasnaoui, l’ancien président Chiali, Benkalfat, Triki apporteront leur aide sûrement en voyant un club digne renaître à Sidi Bel-Abbès.
- Mais le manque d’aide a fait partir, M. Benaïssa. N’avez-vous pas peur de vivre le même scénario ?
- Chacun agit comme bon lui semble. Il a préféré partir, il a ses raisons. Doit-on laisser le club à l’abandon et se lamenter à l’avenir. Mon souci est de sauver à l’USMBA de la disparition. Je le répète et je ne le dirai pas assez. S’il y a quelqu’un de fortuné comme on dit de notre jargon, «celui qui a la bourse» qu’il vienne. Je lui laisserai le chemin. Mais, pour se décourager et laisser l’USMBA à l’abandon, je ne l’accepterai jamais car je ne donnerai pas l’occasion aux autres de dire qu’il n’y a pas d’hommes. Moi, je suis enfant d’un quartier populaire (village E’rrih- Point du jour) et les enfants de Bel-Abbés et de l’USMBA sont tous appelés devant l’histoire de l’USMBA à prendre leurs responsabilités et défendre ses intérêts. Je ne fuis pas mes responsabilités, moi au moins, j’ai eu le courage de m’avancer. Qui peut s’avancer pour m’aider? Ne serait-ce que par devoir de citoyenneté et là nous distinguerions tant de choses.
- Pour conclure ?
- Que les gens sachent que mon comité et moi, nous ne nous sommes pas présentés pour nous servir. Nous sommes tous, aisés, El Hamdoullah. Nous sommes venus pour servir l’USMBA. J’irai encore plus loin. Nos bailleurs de fonds, afin de contrôler leur argent, n’ont qu’à désigner un financier qui gérera l’argent. Nous agirons juste en tant que redresseurs de situations et concepteurs d’idées et ordonnateurs. J’ai déjà géré le MCBA, par le passé avec figurez-vous, d’ailleurs vous le savez, 39.000DA, de l’Etat et je l’ai maintenu en Régionale. A Bel-Abbés, le problème d’argent n’est pas majeur, il suffit un peu d’honnêteté d’intégrité de courage de sacrifice et de savoir dans le domaine de la gestion pour réussir dans sa tâche.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com