Pas moins de 9,7 millions d'Algériens vivent avec l'obésité, reconnue par le ministère de la Santé comme maladie chronique et facteur à risque.Quarante médecins spécialistes et généralistes ont bénéficié, samedi 20 mars, d'une opération de formation organisée à l'hôtel La Pinède par la direction de la santé et de la population de la wilaya de Sétif, en étroite collaboration avec le laboratoire Novo Nordisk sous le signe "Changer la façon dont le monde voit, prévient et traite l'obésité".
Plusieurs autres partenaires dont les deux caisses nationales des assurances (Cnas et Casnos) et les associations des diabétiques de la wilaya de Sétif ont été conviés à la formation, qui entre dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l'obésité.
Pr Ghedjati, spécialiste en physiologie et nutrition au CHU de Batna, a rappelé que, depuis mars 2020, l'obésité est reconnue comme maladie chronique et facteur de risque par le ministère de la Santé, et, du coup, le point de départ d'un plan de lutte contre la maladie.
En Algérie, 9,7 millions de personnes vivent avec l'obésité, selon l'enquête nationale StepWise. "On estime 55,6% des adultes qui dépassent leur poids recommandé et qui sont soit en surpoids soit vivent avec une obésité. L'obésité touche en effet 63,% des femmes et 48,3% des hommes", a indiqué Dr Fethallah Mehallah du laboratoire qui a organisé l'événement.
Les praticiens intervenants ont tous plaidé pour une meilleure prise en charge à long terme, car les personnes obèses sont à risque accru de développer des maladies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'apnée du sommeil et certains cancers. "Des études réalisées font apparaître que chaque gain de poids de 1 kg est associé à une augmentation de 9% du risque de diabète.
Tandis qu'une augmentation de 1 kg/m2 est associée à un risque d'atteinte d'hypertension de 2,5%", a expliqué Dr Mehallah, en citant des sources scientifiques. "Une augmentation de 4 kg/m2 de l'indice de masse corporelle accroît le risque de maladie coronarienne de 26 à 52% selon les estimations d'observation et de causalité respectivement", a-t-il insisté.
En Algérie, le surpoids et l'obésité contribuent pour presque 25% à la mortalité par maladies non transmissibles. L'indice de masse corporelle élevé est le deuxième facteur de risque de mortalité et d'invalidité. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'obésité contribue à 44% du fardeau total du diabète. De ce fait, l'obésité représente un véritable problème de santé publique.
Le représentant du laboratoire Novo Nordisk s'est réjoui du fait que l'Algérie fait partie des rares pays dans le monde à reconnaître l'obésité comme maladie chronique. Durant la période de Covid-19, les personnes vivant avec l'obésité ayant contracté le virus ont 3 fois plus de risques d'être hospitalisées et 4,5 fois plus de risques en cas de diabète associé à une obésité.
Les participants ont par ailleurs pris conscience de la nécessité de faire de la prise en charge une priorité sanitaire, d'où l'importance des opérations de prévention et de sensibilisation qui passent inéluctablement par la diffusion d'informations.
Il est à noter que 45% des personnes vivant avec une obésité ne sont pas informées et, du coup, inconscientes de cette maladie et de ses conséquences sur leur santé, car elles ne sont pas diagnostiquées et ne veulent pas en parler à leur médecin.
Pour faire face à cette pandémie, la direction de la santé et de la population de Sétif prévoit la création d'une consultation spéciale de l'obésité à l'unité de dépistage et de suivi de santé scolaire, en étroite collaboration avec le service de pédiatrie du CHU de Sétif. Le laboratoire assurera la logistique et le matériel.
FAOUZI SENOUSSAOUI
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Faouzi SENOUSSAOUI
Source : www.liberte-algerie.com