Setif - Revue de Presse

Trois personnes encore hospitalisées : Le mystère plane toujours sur l'épidémie de Sétif



Les personnes atteintes de glomérulonéphrite aiguë (GNA), dans la wilaya de Sétif, ont été «correctement prises en charge» par les équipes médicales du centre hospitalo-universitaire (CHU) Saâdna Abdenour, a déclaré, avant-hier, le ministre de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Saïd Barkat, à partir de la capitale des Hauts Plateaux où il était en visite d'inspection et de travail.

Evoquant la trentaine de cas de GNA apparus dans la wilaya en août dernier, le ministre, cité par l'APS, a assuré qu'ils sont «sont parfaitement maîtrisés». La maladie «est connue, les traitements existent et les trois patients encore hospitalisés sont sereins, comme vous pouvez le constater», a encore souligné le Dr. Saïd Barkat, au chevet d'une malade d'une quarantaine d'années, gardée en traitement au service de néphrologie du CHU.

A noter que des 32 personnes dont 3 enfants, présentant les symptômes de la GNA (une affection rénale aiguë) ont été hospitalisées depuis le 5 août. Il ne reste plus au service néphrologie que 3 patients, un homme et deux femmes qui devraient rentrer chez eux, vendredi. Notons que parmi les malades, certains présentaient des oedèmes au niveau des membres inférieurs, associés à des douleurs abdominales, des vomissements ainsi que des pics de tension, a-t-on indiqué.

Ceci dit, et en dépit de toutes ces assurances, le mystère plane encore, notamment sur les causes de cette «épidémie» qui ne sont toujours pas connues. «On s'oriente, de plus en plus, vers une hypothèse incriminant un processus viral», dira sous le sceau de l'anonymat, un praticien. L'eau et les rongeurs seraient, à priori, les premiers suspects dans cette affaire. La majorité des personnes atteintes résident dans le même quartier et le seul étranger a séjourné dans ce lieu. Selon toujours la même source, la situation ne prête pas à panique et est en phase d'être maîtrisée. Les prélèvements de sang effectués mercredi sur les patients hospitalisés, actuellement en cours d'analyse à l'Institut Pasteur d'Alger, «permettront d'identifier le virus responsable de cette pathologie que nous connaissons, mais qui, cette fois-ci, contrairement à ce qui est observé dans la plupart des cas, ne s'est pas manifestée après une infection à streptocoques (sinusite, otite ou angine)», a expliqué, de son côté, un médecin avant d'ajouter qu'un autre point d'interrogation, celui relatif à la source de la maladie reste à élucider.

La maladie «ne pourra être cernée que lorsque le virus aura été identifié par les analyses de sang dont les résultats seront connus dans 15 jours», a indiqué dans ce contexte à l'APS, le Dr. Koussa, épidémiologue. Ce spécialiste écarte cependant l'hypothèse de la consommation d'eau contaminée au niveau des deux quartiers où la totalité des cas est apparue (cités Bel-Air et Gasria, au nord-ouest de Sétif), privilégiant des raisons liées à l'hygiène.

A propos d'hygiène justement, M. Mohamed Dib, le P/APC de Sétif, avait déclaré que «de nombreuses opérations de dératisation ont été lancées par les équipes du service d'hygiène de la commune qui sillonnent les quatre coins de la ville. Les mesures de contrôle de commerce préconisées par la direction de la Santé sont suivies à la lettre. Pour le bien-être de nos concitoyens, toutes les mesures et dispositions seront prises à cet effet», a-t-il encore assuré.

Avant de quitter le CHU, le Dr. Saïd Barkat a présidé une rencontre avec les cadres de l'établissement, les médecins et les membres du conseil scientifique au cours de laquelle il a annoncé la mise à la disposition du CHU d'un lithotripteur (appareil permettant la pulvérisation et l'élimination par les voies naturelles de calculs). Le ministre a, également, assuré que Sétif est considérée, grâce à son CHU et à ses médecins, comme une école de médecine «appelée à rayonner davantage sur toute la région et à constituer un pôle d'excellence».


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