
Les agriculteurs se réjouissent de la neige tombée en abondance, car elle annonce une saison oléicole généreuse l'année prochaine, malgré les dégâts et les désagréments causés par la tempête qui a sévi sur la région.Les abondantes chutes de neige qui ont affecté la wilaya de Béjaïa la semaine dernière ont causé d'énormes dégâts, notamment dans les oliveraies. A Sidi Aïch, Tinedbar, Adekar, Taourirt Ighil, Tifra, Chemini, Sidi Ayad?, des centaines d'oliviers ont été partiellement endommagés et les plus fragiles totalement mutilés. C'est le même spectacle désolant qui se répète à chaque forte tempête de neige dans ces régions.Ils étaient nombreux, ce week-end, à se déplacer dans leurs oliveraies pour constater les dégâts et faire les nettoyages nécessaires. «On aurait dit que c'est un humain qui a cassé les branches, c'est un travail de pro, aucun de mes arbustes n'a été épargné», nous dit, avec humour, un paysan de Tifra, propriétaire d'un champ de jeunes oliviers.Pour l'heure, il est impossible d'avancer un bilan quelconque sur l'étendue des dégâts. Les subdivisions agricoles de Sidi Aïch et d'Adekar, à titre d'exemple, que nous avons contactées, n'ont pas encore pour le moment établi le bilan des préjudices. «Nos équipes y travaillent. Nous allons faire une évaluation dans les prochaines jours de tous les dégâts causés par la dernière tempête de neige dans les différentes cultures», indiquera à ce propos Boualem Bellil, responsable de la subdivision de Sidi Aïch.En effet, des arbres fruitiers, même si leur nombre n'est pas important, ont subi le même sort que les oliviers. On nous a signalé çà et là des néfliers et des citronniers qui ont cédé sous la charge des flocons de neige. A Adekar, certains bâtiments d'élevage, construits sans respect des normes requises, ont fait l'objet de quelques dégradations.Les apiculteurs, qui n'ont pas encore contrôlé leurs ruchers à cause de l'inaccessibilité des lieux, redoutent de trouver les colonies d'abeilles mortes de froid. En dépit des innombrables désagréments et des préjudices causés aux cultures par cette tempête de neige, les paysans prédisent une année bonne et généreuse. «La neige a soigné nos oliviers, et nous aurons, croyez-moi, la saison prochaine, une bonne production oléicole» argue un paysan de Tinebdar.«Une semaine d'incertitude»Si les villageois et paysans acceptent par fatalisme les dégâts causés notamment aux cultures, qu'ils disent inévitables, ils s'élèvent, en revanche, contre la quasi-paralysie qui affecte leur quotidien à chaque tempête de neige. «Nous supportons mal les pénuries en ce temps de gel», souligne un villageois. En effet, dès le premier jour de la tempête de neige, on nous a signalé dans différentes communes le manque de bouteilles de gaz butane, de pain, de lait, de bougies?.Le ralentissement de l'activité économique, causé par la fermeture des axes routiers, s'est ressenti immédiatement dans plusieurs villages, qui ont vécu les premiers jours des chutes de neige dans un quasi-isolement. Ce qui a exacerbé notamment l'irritation des villageois, ce sont les coupures intermittentes de courant électrique. A Adekar, Tifra, Akfadou?, des centaines de foyers sont restés dans le noir pendant plusieurs heures. «Je peux accepter tout par un temps pareil, sauf les coupures de courant électrique», soutient un citoyen d'Adekar.Dans les régions à fort enneigement, tous les établissements scolaires ont pris une semaine de congé forcé. Chaque commune s'est organisée selon ses moyens pour faire face à la situation. A Akfadou, par exemple, c'est l'APC qui s'est chargée de l'approvisionnement en gaz butane de toute la commune depuis Bouira. Glissades, accidents de la route, décès par asphyxie comme ce fut le cas au village Agueni Tezgui, dans la commune de Tifra, les dernières chutes de neige ont entraîné des conséquences tragiques.«Gérer c'est prévoir, et rares sont nos communes qui possèdent des chasse-neige, logiquement, toutes les communes à fort enneigement, doivent posséder au moins deux à trois chasse-neige pour faire fasse aux urgences. Des campagnes de sensibilisation sur les dangers du dioxyde de carbone doivent aussi se multiplier en pareil temps? mais nous on aime les surprises», nous dit un habitant de la commune de Tifra.En dépit des intempéries, on nous a signalé l'absence d'eau dans plusieurs localités, à Tifra, Adekar, en pleine tempête de neige. Les citoyens, durant toute une semaine, n'ont pas vu l'eau couler dans leurs robinets. Chose qu'ils disent injustifiable et insupportable. «Si en période estivale on nous justifie la crise d'eau par le tarissement des sources, quels arguments peut-on nous sortir en hiver, alors que l'eau coule en abondance», souligne- t-on.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boualem B
Source : www.elwatan.com