L'absence de toilettes publiques dans la capitale des Hauts-Plateaux est un problème qui ne cesse de se poser.Beaucoup de citoyens de Sétif ne manquent pas d'attirer l'attention des responsables locaux sur la question. Un besoin urgent peut arriver à n'importe qui, n'importe où et à n'importe quel moment. Effectivement, aussi bien les riverains que les voyageurs vers des destinations diverses ne trouvent pas de cabinets d'aisance pour se soulager. C'est d'ailleurs le cas dans la quasi-totalité des villes de la wilaya.
Ainsi, dans ce chef-lieu de wilaya, tout le monde recourt aux sanitaires des cafés. «C'est devenu pour nous une corvée. Parce qu'il n'y a pas de toilettes publiques, toutes les personnes de passage recourent à nos toilettes. Malheureusement, on est contraints parfois de leur refuser l'accès car nous n'avons pas d'eau H24», a souligné le gérant d'un café. C'est le même constat dans les autres cafétérias. Face à ce problème, les citoyens sont nombreux à transformer certains endroits de la ville, en urinoirs à ciel ouvert. Au fil du temps, la population a appris à s'y faire. En cas de besoin pressant, ils mettent en place le plan B. Ce manque flagrant amène la population en majorité masculine à se soulager n'importe où, au pied des murs, des arbres, à l'intérieur des immeubles. « Il m'est arrivé d'être confronté à une urgence , alors que j'étais au centre-ville. J'ai dû marcher à la recherche d'un café pour pouvoir me libérer. Je peux vous assurer que c'était pénible», à affirmé, A. Hocine un septuagénaire.
Comme Hocine, plusieurs Sétifiens ou encore des visiteurs ont déjà subi ce genre de souffrance. Résultats, certains d'entre eux se cachent dans les coins de rues, derrière des véhicules, ou dans les cages d'escalier, avec tous les risques que cela représente surtout quand il s'agit de femmes. D'autres sont contraints de rebrousser chemin pour utiliser leurs propres toilettes, ou simplement supporter plusieurs heures le mal insupportable que ça induit de retenir son urine. Une situation qui représente un risque certain pour la santé. Surpris dans une position inconfortable derrière un bâtiment, un quinquagénaire venu consulter un médecin à la cité des 600 logements de Sétif s'insurge : «Qu'auriez-vous voulu que je fasse ' Je ne pouvais tout de même pas le faire dans mon pantalon. Ce lieu m'a permis de me soulager. S'il y avait des toilettes publiques, je m'y rendrai, mais hélas... Ce n'est pas ma faute», finit-il par lâcher, en nage. Ils n'ont pourtant pas le choix, compte tenu des situations inattendues. «Ici au centre-ville, si par malheur tu es pris d'une folle envie d'uriner, c'est la honte qui tombera sur toi», se lamente une dame. Avant d'ajouter «les villes n'ont pas prévu ce genre de lieu, pourtant c'est vital. Mais je n'ai pas l'impression que cela intéresse les autorités municipales».
Pourtant, les vespasiennes ont une histoire. Les toilettes publiques sont un mobilier urbain d'aisance apparu en France au XIXe siècle, dans une volonté de résorber l'insalubrité des espaces publics. Leur présence est, aujourd'hui, reconnue pour avoir un impact positif, non seulement sur l'amélioration du cadre de vie et de l'attractivité d'un territoire, mais aussi sur la mobilité et l'accessibilité des usagers (en particulier des personnes en situation de fragilité physique). Elles permettent également aux personnes vivant dans la rue et en situation de précarité d'avoir accès à des conditions d'hygiène correctes. Mais à Sétif, l'accès à ces lieux d'aisance reste encore un luxe dans certains cas.
Leur inexistence expose les populations aux risques de maladie et les responsables locaux n'en ont cure. Ce qui n'est pas très hygiénique ni reluisant pour la ville. Pourtant, il y a quelques années, Sétif possédait au moins une dizaine de toilettes publiques réparties à travers la ville mais sont actuellement fermées pour des raisons inconnues. Comme c'est le cas de toilettes situées à proximité du Centre hospitalo-universitaire Saâdna-Mohamed-Abdenour qui ont été construites par l'APC de Sétif il y a plus de quinze ans mais n'ont jamais été mises en service, privant ainsi des centaines de personnes, venues à l'hôpital de se soulager. Ces dernières seront obligées d'utiliser les toilettes de l'hôpital, donc celles des malades, avec toutes les incidences sanitaires que cela comporte.
Toutefois, les latrines publiques restent indispensables pour l'ensemble des populations. Elles doivent donc de ce fait, être mises à leur disposition. C'est, d'ailleurs, l'objectif que se fixe les Nations-Unies à travers l'institution d'une journée mondiale des toilettes. Il est question de répondre à un droit humain en garantissant à tous, un accès à des toilettes sûres. Alors à quand des toilettes publiques à Sétif '
Imed Sellami
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Imed Sellami
Source : www.lesoirdalgerie.com