Tout porte à croire que le pauvre citoyen est sommé de boire le calice jusqu'à la lie et de quémander humblement le droit à une vie décente.Ce credo se vérifie chez les habitants de la coopérative Es-Saâda, un îlot de 40 familles situé à la cité Laïd-Dahoui de Sétif, qui vivent le calvaire depuis presque deux mois à cause du manque d'eau potable. Ces dernières lancent un cri de détresse à l'adresse du ministre des Ressources en eau et du wali.
«Ce que nous endurons depuis près de deux mois est calculé et prémédité, car avant, l'eau coulait à flots. Mais une semaine avant l'Aïd-el-Kebir tout s'est arrêté d'un seul coup et nos robinets se sont asséchés. Des cités limitrophes telles que Kerouani ou celle des Abattoirs, n'ont pas été touchées par la pénurie et, contrairement à nous, constamment alimentées en ce précieux liquide, alors que nous sommes desservis par le même réseau d'AEP», affirment excédés les concernés.
Alertés par cette situation qui empoisonne le quotidien de ces citoyens, les services techniques de l'ADE ont, à chaque fois, promis de régler le problème mais sans aucune suite. La seule explication fournie par ses responsables est que la cité est située en fin de réseau et que la pression de l'eau est insuffisante. « Le directeur de l'unité de l'ADE s'est déplacé personnellement sur le site, il y a une vingtaine de jours pour s'enquérir de la situation et le soir comme par enchantement, l'eau a surgi. Mais notre joie a été de courte durée, car dès le lendemain et jusqu'à ce jour, l'eau a redisparu. Le directeur, dépourvu de solution, nous a conseillés de réaliser une bâche à eau d'une capacité de 30 000 litres. Mais ce responsable a sans doute oublié que nous n'avons même pas une goutte d'eau pour remplir un verre. Alors comment et avec quoi remplir ce type de réservoir' Actuellement, on s'alimente à l'aide des camions-citernes qu'on paye 1000 dinars pour 3 000 litres», dira un citoyen dépité. Les résidents ne manquent pas de s'interroger sur l'utilité d'avoir des compteurs et de payer l'abonnement, s'ils doivent continuer à acheter leur eau au prix fort.
À quelques mètres seulement de la coopérative Es-Saâda de la cité Laïd Dahoui, se trouve le centre d'aide et de gestion des catastrophes naturelles de la wilaya où sont entreposées toutes les aides (tentes, couvertures, produits alimentaires...) destinées aux zones sinistrées en cas de catastrophe naturelle. Ce centre géré par les instances de wilayas n'a pas vu couler une goutte d'eau dans ses robinets depuis plus d'une année.
Devant cette situation critique, le chef de l'exécutif s'est déplacé personnellement sur les lieux, jeudi dernier, pour constater de visu l'état alarmant de cette structure ô combien importante. Il a donné des instructions strictes pour le rétablissement rapide de l'alimentation au niveau du site. Une décision qui a ravi les habitants de la coopérative qui espèrent que leur problème sera également pris en charge. Mais selon une source très introduite au niveau du secteur des ressources en eau de la wilaya, «le problème de l'alimentation en eau pour la coopérative Es-Saâda et les autres sites avoisinants ne pourra être réglé qu'en arrêtant définitivement l'approvisionnement en eau potable pour les usines de la zone d'activité et de commerce (ZAC 22 lots) de Sétif situées à proximité. Plusieurs usines (transformation de papier, plastique, limonaderie...) sont raccordées directement au réseau de l'eau potable destiné aux particuliers. Chose qui ne devrait pas se faire car ces infrastructures utilisent des quantités considérables d'eau et ne doivent pas utiliser l'eau domestique dans leurs activités. Ces usines doivent avoir leur propre forage ou être alimentées en eau industrielle mais en aucun cas être raccordées au réseau d'AEP qui dessert les citoyens », affirme notre source.
« Alors qui a permis le raccordement de ces usines au réseau d'AEP des particuliers ' Ces usines ont-elles été autorisées à effectuer des branchements sur les canalisations de l'eau potable ' Les services de l'Algérienne des eaux de Sétif sont-ils au courant de ces branchements ' ».
Autant de questions posées par les occupants de la cité, qui espèrent voir une commission d'enquête diligentée par le ministère des Ressources en eau se pencher sur cette épineuse situation.
Imed Sellami
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Imed Sellami
Source : www.lesoirdalgerie.com