Alors qu'il était affiché à 140 DA, voilà une dizaine de jours, le poulet était proposé, hier, à 230 DA le kilogramme, la dinde à 250 DA, l'escalope à 500 DA et la plaquette d'oeufs à 200 DA. Même si les prix au marché Boumezzou sont connus pour être quelque peu prohibitifs, cette flambée des prix de tous les produits avicoles a de quoi inquiéter. Rencontrés sur place, les revendeurs de viandes blanches sont inquiets et expliquent leur désarroi. «Même si officiellement nous ne sommes que 25 à proposer ces produits munis de tous les documents nécessaires (registre du commerce, etc.), nous pouvons affirmer que cette activité à Constantine nourrit pas moins de 1.000 familles». Cette hausse spectaculaire des prix expliquent ces commerçants «est directement liée au prix du poussin de jour». Le prix d'achat d'un poussin de dinde importé oscille entre 200 et 250 DA. Celui du poussin de jour de poulet nous est proposé à 60 DA. Mais là où c'est vraiment problématique, poursuivent ces commerçants, c'est que l'aliment de la volaille n'a pas cessé d'augmenter. Composé d'un mélange de maïs et de soja, ce produit coûte à présent entre 3.800 et 4.000 DA le quintal pour la dinde et juste un peu moins pour le poulet (3.500 DA environ). Ce qui pourrait aider la corporation, expliquent nos interlocuteurs, serait un allégement fiscal pour tous les importateurs de ces produits et plus directement le soutien de l'Etat aux produits avicoles importés qui vont du poussin à l'aliment sous toutes ses formes, sachant pertinemment que cette hausse a touché toutes les sphères de l'agriculture, en Europe. «En plus d'un contrôle draconien qui pèse sur notre activité, précisent ces commerçants, tant du côté de la direction des Prix que du contrôle vétérinaire, nous croyons savoir que seules trois wilayas (dont Constantine) sont soumises à l'obligation de l'emballage cellophane et étiquetage rigoureux», soutiennent les concernés. Nos interlocuteurs rappellent que c'est la région de Sétif qui reste, à l'est, le plus grand fournisseur de produits avicoles suivi d'El-Eulma et Chelghoum Laïd. Face à cette hausse jamais atteinte, ces revendeurs proposent une formule qui pourrait avantager clients et commerçants, à savoir celle de la découpe. Incapable financièrement d'acheter un poulet entier, le client peut opter pour une cuisse ou toute autre partie de la volaille. Encore faudrait-il, précisent ces commerçants, que la wilaya soit dotée d'un atelier de découpe sous le contrôle de vétérinaires, alors qu'elle ne dispose même pas de la moindre chambre froide ou de toute autre aire de stockage. Aujourd'hui, concluent ces commerçants, et dans la conjoncture actuelle, «les prix qui nous sont imposés et que nous proposons vont faire que tous ces produits risquent fort de nous rester sur les bras, en raison du pouvoir d'achat très limité du citoyen». Au sujet de cette flambée des produits avicoles la direction du Commerce précise que la liberté des prix ne lui permet pas d'intervenir sur ce chapitre mais qu'elle continuera à se pencher avec rigueur sur la qualité du produit et tout ce qui a trait à l'emballage, l'étiquetage et à l'hygiène.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Rahmani Aziz
Source : www.lequotidien-oran.com