Setif - A la une

Pour que nul n'oublie



La fondation du 8-Mai-45 a organisé, avant-hier et hier, à Sétif, un Forum international pour commémorer le 73e anniversaire des massacres du 8 Mai 45 commis par la colonisation française sur les populations de Sétif, de Guelma et de Kherrata. Deux journées scientifiques et historiques qui se sont déroulées à l'auditorium Mouloud Kacem-Naït Belkacem de l'université Ferhat-Abbas de Sétif pour revenir sur ce passé que la mémoire ne doit pas effacer. En présence du wali, du représentant du ministère des Moudjahidine, de quelques notables de la ville et en l'absence d'étudiants, les organisateurs de l'événement ont fait appel à des universitaires et historiens pour rappeler ces massacres non encore reconnus par la France. Abdelhamid Salakdji, président de la fondation organisatrice de l'événement, a tenu, comme chaque année, à "commémorer ces massacres et à rendre hommage aux martyrs morts pour que vive l'Algérie, par devoir envers leur mémoire et envers l'Histoire, et surtout pour souligner l'indispensable reconnaissance de ces crimes coloniaux par la France". Le film documentaire Le 8 Mai 45, le sang oublié, produit par la Télévision algérienne, a été projeté en présence de son réalisateur, le journaliste Amar Chouaf, qui est revenu un peu sur le déroulement de son tournage et sur les moments marquants de son passage dans ces zones ravagées et ses populations massacrées que "l'Histoire semble avoir oubliées mais dont la mémoire collective doit se souvenir". Et pour se souvenir, et surtout ne pas oublier, "il faut écrire, faire des recherches, produire, publier et donner à lire ces réalités que la France doit assumer", nous dira l'historien invité, Gilles Manceron. Et de poursuivre : "Il y a encore un travail à faire dans la société française par rapport à tous ces massacres commis ; il y a la date du 8 Mai 45, mais il y a aussi le 17 Octobre 61, la bataille d'Alger de 1957 et toutes les disparitions qu'elle a engendrées dont celle de Maurice Audin. (...) Ce sont des objets d'affrontement de mémoire et des événements qui ont besoin de reconnaissance. (...) Nous avons toujours exigé cette reconnaissance depuis l'indépendance jusqu'à aujourd'hui ; le travail continue et quelques pas ont été accomplis avec l'aide d'organisations comme l'association ?Au nom de la mémoire' créée par Mehdi Lallaoui, de la presse comme Mediapart, à sa tête Edwy Plenel, dénonciateur de la colonisation qui a poussé Macron à promettre un acte fort qu'on attend toujours, ou encore de la fondation ?Les Oranges' de Paris qui active aussi... Mais l'histoire est complexe." Le président de la fondation Les Oranges, M'hamed Kaki, présent à ce colloque, abordera, quant à lui, brièvement, les actions entreprises, tout en signalant que sa doctrine a toujours été de "faire du drame du passé le carburant des combats d'aujourd'hui", en rappelant "cet indispensable combat d'hier pour la sauvegarde de la dignité de l'Algérien ; un combat qui a donné naissance à la fibre patriotique de Ferhat Abbas, de Kateb Yacine et de tant d'autres (...) ; un combat continu qui a donné aujourd'hui naissance, à Paris, à l'Avenue du 17-Octobre, à l'Avenue Abdelmalek-Sayad, quelques reconnaissances obtenues, mais non encore suffisantes..."Tous les présents se sont accordés pour dire qu'un travail de rigueur s'impose de la part d'historiens, d'universitaires et de chercheurs pour écrire l'Histoire... la vraie Histoire.
Samira Bendris-Oulebsir
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