
Karim Chaïbi s'intéresse à l'histoire de la région de Sétif. Rencontré lors du dernier Sila, il évoque pour nous son travail.Vous réalisez un travail inédit sur la cartographie en Algérie. Pouvez-vous nous en parler ' J'ai publié une première monographie en 2010 (de Sétifis à Sétif) chez Dalimen. En 2012, je signe mon deuxième ouvrage, « l'Atlas historique de l'Algérie », édité pour le cinquantenaire de l'indépendance. C'est un travail inédit achevé après plusieurs années de recherches. Il se veut un ouvrage de référence avec un recueil de cartes historiques de toutes les périodes historiques de l'Algérie, s'appuyant sur des travaux scientifiques universitaires. Plus de 130 cartes sont accompagnées de textes et d'images et proposent de parcourir divers événements. Après « l'Atlas historique », je publie un autre sur la région de Sétif entre 1945 et 1962. J'ai affiné les cartes, au niveau régional pour pouvoir localiser tous les événements notamment les massacres de mai 1945. On y trouve aussi des cartes de batailles notamment à Sétif, El Eulma. Il y a aussi des images d'archives. C'est vraiment un travail de terrain qui permet de localiser des événements avec une précision assez forte. On voit à la télévision, beaucoup d'images d'archives mais il y a une confusion entre les massacres de 1945 et ceux de 1955. J'ai confronté le paysage et les images d'archives récupérées un peu partout, j'ai réussi à préciser la nature de celles-ci. On peut savoir où se sont produits les événements et on peut dater les images.Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ' Pour les archives, il n'y a pas eu de difficultés, depuis 2012, on peut consulter tous les dossiers sauf les fiches individuelles des structures policières et des SAS. Toutefois, il ne suffit pas d'avoir accès aux archives, il faut aussi recouper ces dernières avec des témoignages.Votre ouvrage a été édité sous forme de beau livre, pourquoi ce choix esthétique 'En réalité, c'est un choix éditorial. Personnellement, j'aurais souhaité voir un livre plus souple, plus maniable et accessible économiquement aux jeunes. Les jeunes sont plus dans la couleur et dans le numérique. A travers ma démarche, j'ai voulu démocratiser ce savoir, d'abord pour la région de Sétif, et pour l'ensemble des citoyens algériens. J'ai écrit ce livre pour transmettre l'émotionnel et pour marquer le monde du savoir. Parce qu'actuellement, le monde de la recherche et du savoir n'a pas fourni de dates historiques régionales avec une telle connaissance des images.Et qu'en pense l'association du 8-Mai 1945 'Je suis en contact avec eux. Je leur ai proposé, l'an dernier, de collaborer avec eux pour leur transmettre ces connaissances et ce savoir, parce qu'eux aussi sont dans le brouillard au niveau des images d'archives.Un souhait...J'attends des signaux forts des ministères algériens pour développer la cartographie historique au profit de l'éducation et la culture.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com