L'amphithéâtre du lycée Amar-Mernache de Sétif a abrité, jeudi dernier, les festivités organisées par l'association nationale du 8-Mai-1945 pour la célébration du 60e anniversaire des massacres du 17 Octobre 1961. La salle, qui ne pouvait contenir tous les élèves de l'établissement, a regroupé seulement des lycéens de terminale lettres, ainsi que des membres de l'association présidée par Abdelhamid Salakdji et des invités d'honneur, dont des professeurs, des historiens et des moudjahidine à l'image de la veuve du martyr Amar Mernache, Mme veuve Fatima Yousfi (le lycée porte le nom du martyr Amar Mernache, ndlr). Selon un membre du bureau et l'un des organisateurs, Abdelali Yousfi, le programme de la commémoration du 17 Octobre a été concocté avec grand soin et le choix de la wilaya de Sétif pour célébrer l'événement n'est pas fortuit."Au mois d'octobre 1961, c'était le deuxième couvre-feu et le déploiement d'un nombre impressionnant de policiers au niveau de la capitale Paris et sa banlieue. Nous avons eu l'ordre du Gouvernement provisoire algérien et de la Fédération de France de manifester. Il n'y avait pas moins de 80 000 militants sortis pour manifester. Dieu seul sait l'ampleur de la répression qui a eu lieu au point que le fleuve (la Seine, ndlr) est devenu rouge de sang", dira le membre de la Fédération de France, M. Ghafir, dit Moh Clichy, un organisateur de la manifestation et natif de la région de Sétif. De son côté, le président de la fondation du 8-Mai-1945, Abdelhamid Salakdji, a tenu à rappeler que "le 17 Octobre est une station importante dans l'histoire de l'Algérie car ce n'est qu'à ce moment-là que la France a compris que l'Algérie devait être indépendante et sa souveraineté totale, y compris le sud du pays. Lorsque la Révolution a changé de camp pour être sous les balcons du général De Gaulle, la France a senti le danger et a bien compris qu'elle avait perdu la guerre", et a souligné que les crimes de la France se répétaient, mais ne se ressemblaient pas.
Pour sa part, la moudjahida et veuve du moudjahid Amar Mernache, Fatima Yousfi, a apprécié le geste de l'association du 8-Mai-1945 et a appelé les élèves du lycée et à travers eux tous les jeunes algériens à aimer leur pays et à le défendre. "Soyez des frères soudés et ne laissez pas l'occasion aux ennemis de l'Algérie de vous diviser et de s'emparer des richesses du pays", a-t-elle dit aux lycéens. S'agissant de la cruauté, voire de la férocité et de la brutalité de la répression sanglante, le Dr Abdelali Yousfi de l'université de M'sila a rappelé qu'il y avait eu des tirs à balles réelles cette nuit-là à Paris et que des corps avaient été jetés à la Seine, simplement parce que les Algériens de Paris ont refusé le couvre-feu qui leur avait été imposé à partir de 20h30 avant de manifester pacifiquement.
FAOUZI SENOUSSAOUI
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Faouzi SENOUSSAOUI
Source : www.liberte-algerie.com