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Les stocks actuels sont énormes



Les stocks actuels sont énormes
L'abondance est de mise sur les étalsLes rumeurs d'un manque d'approvisionnement du commerce de détail ne sont que pure spéculation.Rassurez-vous, la rupture des stocks des biens de large consommation n'est pas pour demain. L'annonce d'une grave pénurie alimentaire imminente et gigantesque paraît aussi grosse que les factures dopées de certains spéculateurs déloyaux.Il est vrai que les dernières mesures prises par le gouvernement pour réduire le volume des importations se répercuteront d'une façon ou d'une autre sur le couffin de la ménagère. Mais, à moins d'un développement surprenant, la baisse de l'offre ne connaîtra pas une chute rapide et vertigineuse Joint par téléphone, le président de l'Association nationale des commerçants algériens (Anca) estime que la majorité des articles désormais interdits à l'importation a des équivalents locaux. Et puis «les stocks actuels sont énormes et peuvent pallier les insuffisances. On peut aisément tenir deux à trois mois. Un temps suffisant pour augmenter la production algérienne».Boulanouar Hadj Tahar préconise, cela dit, la rationalisation de la consommation «qui ne relève moins de la responsabilité du citoyen que celle des agents économiques. Les études montrent que les quantités importées sont nettement supérieures aux besoins du marché. Est-ce pour gonfler les factures et organiser la fuite des devises'»Les étals des supérettes où se côtoient des marchandises locales et étrangères demeurent effectivement achalandés comme à la veille d'une grande fête. Toutefois, si un consommateur s'est habitué à une gourmandise frappée d'un label étranger, il aura certainement plus de mal à la trouver et devra accepter de payer nettement plus cher pour assouvir son envie. Car la contrebande qui ne s'est jamais vraiment arrêtée va bientôt reprendre de l'ampleur.«Les Algériens aisés ne renonceront pas à leurs plaisirs, dit Abdeldjalil, un jeune homme d'affaires. Le trabendo répondra à cette demande, mais pour rester compétitifs, les commerçants du cabas vont jouer sur la date limite de péremption. Ils écouleront des produits dont la fraîcheur arrivera à terme dans deux ou trois mois qu'ils achèteront à prix réduits et réaliseront ainsi une confortable marge bénéficiaire.» Et comme la demande est forte, les denrées partiront dès qu'elles seront exposées. Mais attention cependant à la rupture de la chaîne de froid! «Ben oui! Les marchandises voyagent par avion dans des sacs qui ne sont pas isothermes.» La qualité du produit et son conditionnement provoquent justement l'inquiétude d'un cuisinier européen installé à Alger. «Je préfère la viande importée à celle produite localement, dit-il. Pas vraiment pour le goût mais pour la constance. Une bavette ou une pièce ronde importée possède toujours la même qualité. Celle que j'achète ici varie de jour en jour. Parfois trop grasse, parfois trop maigre...» Mohamed, un grossiste en viande blanche s'interroge pour sa part sur la façon avec laquelle on établit le prix du poulet abattu et évidé.«Il paraît qu'un petit groupe de spéculateurs basé à Sétif fixe arbitrairement son cours puis le répercute à tout le pays,» suppute-t-il en l'absence de preuves tangibles. Ce monde, effectivement, agit dans l'ombre. Et comme on le voit bien, ce ne sont pas uniquement les récentes décisions d'austérité du gouvernement qui seront responsables d'éventuelles perturbations des approvisionnements. Une chaîne d'intermédiaires peut parasiter les circuits de distribution et organiser la rareté. Boulanouar Hadj Tahar de l'Anca insiste, lui aussi, sur la nécessité de satisfaire les besoins des clients en qualité et en quantité. Cela passe évidemment par le contrôle qui continue d'être le talon d'Achille du commerce en Algérie. Pour y échapper, certains détaillants ont trouvé une méthode expéditive sous la forme d'une étonnante fin de non-recevoir. Dès qu'ils apprennent, par téléphone ou paradoxalement par les clients qu'ils truandent, l'arrivée d'inspecteurs des fraudes ou de l'hygiène dans leur quartier, ils ferment boutique et se cachent.A l'angoisse des contraventions et des fermetures, les commerçants craignent maintenant la baisse de leur chiffre d'affaires à cause des rumeurs de pénurie pendant que les loyers ne cessent de monter.Si l'on ajoute à cela les diverses charges et les impôts, on comprend la multiplication des étalages sauvages à même la rue qui ne sont soumis, eux, à aucune forme de taxation ou de réglementation. En temps de crise, donc, tous les coups sont permis.
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