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LES MANIFESTANTS RECLAMENT LA LIBERATION DES DETENUS



? Les vendredis se suivent et se ressemblent à Béjaïa. Des milliers de manifestants ont battu le pavé, hier, lors de la 119e marche du mouvement de contestation populaire, pour réitérer leur engagement de ne pas se rendre aux urnes le 12 juin prochain, mais aussi de ne pas renoncer à leur révolution pacifique jusqu'à la chute du régime politique en place. "Ulac l'vote ulac, wellah mana habsine" (pas de vote et nous jurons de ne pas nous arrêter), c'est le slogan phare scandé durant tout l'itinéraire de la marche par des milliers de voix.Il faut dire qu'en dépit de la vague de répression qui s'abat depuis quelques semaines sur les manifestants du Hirak, après la dernière instruction du ministère de l'Intérieur exigeant une demande d'autorisation au préalable pour l'organisation de toute manifestation de rue, les hirakistes à Béjaïa n'ont pas cédé à l'injonction en déferlant pacifiquement dans les principales artères de la ville.
En effet, malgré quelques arrestations opérées par la police bien avant l'entame de la marche, la forte mobilisation citoyenne et la détermination des citoyens engagés dans le mouvement populaire, ont fini par s'imposer face au dispositif déployé.
Il est 13h et l'esplanade de la maison de la culture Taos-Amrouche jouxtant le carrefour d'Aâmriw, point de départ habituel des manifestations de vendredi, grouille déjà de monde. Une demi-heure plus tard, le coup d'envoi de la manifestation du jour est donné sous les cris d'"Ulac l'vote ulac" (pas de vote) ou encore "Makanch intikhabat mâa el-îssabat" (pas d'élections avec la bande mafieuse).
Outre le mot d'ordre de rejet des élections législatives anticipées, prévues le 12 juin prochain, la foule réitère dans une ambiance festive, les principales revendications de la "révolution populaire", notamment "la libération inconditionnelle de tous les détenus politiques et d'opinion", "la cessation de la répression et des poursuites contre les manifestants pacifiques", "l'indépendance de la justice et la liberté de la presse", "le changement radical de système politique", "l'instauration d'un Etat civil, démocratique et social, à travers un processus constituant souverain"...
Brandissant le drapeau national et l'emblème amazigh, les manifestants progressent vers le centre-ville. Au fur et à mesure que la procession humaine avance, la marche voit ses rangs grossir, avec l'arrivée de plusieurs dizaines d'autres citoyens qui ont rejoint la manifestation au niveau du rond-point de Daouadji, à Nacéria, mais aussi à hauteur de la place de la Liberté d'expression Saïd-Mekbel.
Des portraits de détenus du Hirak, à l'image de Mohamed Aït Larbi, originaire d'El-Kseur, emprisonné à Sétif, ainsi que de l'activiste de Chemini, Mohand Ouramtane Haddadou, arrêté par la police à Alger, le vendredi 21 mai dernier ou encore ceux de Rabah Karèche et de Kenza Khattou, respectivement journalistes à Liberté et à Radio M, ont été également brandis.
Par ailleurs, un vibrant hommage a été rendu par les manifestants béjaouis au docteur Kamel-Eddine Fekhar, militant mozabite des droits humains, décédé le 28 mai 2019, à l'hôpital de Blida.

KAMAL OUHNIA
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