Setif - A la une

Les habitants se plaignent de la dégradation du cadre de vie



Depuis plus de 20 ans, cette cité est tombée en décrépitude au point où la situation est devenue insupportable et ses habitants la qualifient ironiquement de zone d'ombre.Cela fait des années que les habitants de la cité du 20-Août 1955, communément appelée cité des 1000-logements attendent sur des charbons ardents l'intervention des autorités de la wilaya pour lancer les opérations de réhabilitation de leur cité. En effet, annoncé en grande pompe depuis des années, le relookage de cette cité, voire sa remise en état, tarde à venir.
L'absence de coordination entre les différents intervenants a compromis l'opération tant attendue par la population de cette cité qui était durant les années 1980 une cité exemplaire, bien gérée et où il faisait bon vivre. Depuis plus de 20 ans, elle est tombée en décrépitude au point où la situation est devenue insupportable et ses habitants la qualifient ironiquement de zone d'ombre.
Ayant fait l'objet d'une visite de l'ex-wali de Sétif, Mohamed Belkateb, au début du mois de mai 2019, la cité programmée pour une opération de réhabilitation est toujours dans la même situation. Deux ans après, lesdits projets ne sont toujours pas lancés. Les promesses du chef de l'exécutif, qui était accompagné d'une forte délégation, dont le président de l'APC, le chef de daïra, le directeur de l'urbanisme et le secrétaire général de la wilaya, sont restées lettre morte.
Les travaux annoncés en grande pompe n'ont pas été entamés du tout.
À l'instar d'autres cités de la ville, les travaux de réhabilitation de cette cité ne dérogent pas à la règle, car d'autres cités dont les travaux sont abandonnés, pour ne citer que celles des 400-Logements, d'El-Maâbouda et des 1014-Logements de la zone d'habitation urbaine nouvelle (ZHUN), ne sont pas mieux loties. Le suivi reste le grand absent de ces projets tant attendus par la population du chef-lieu de wilaya.
Selon des sources concordantes, l'absence de coordination entre les différents intervenants, à savoir les services de la municipalité qui, dans un premier temps, ont consacré 20 milliards de centimes, la direction de l'urbanisme qui a débloqué 60 milliards de centimes et le fonds de la wilaya, a compromis l'opération.
À croire la fiche technique affichée, les différents volets relatifs à l'amélioration du cadre de vie (réseaux d'assainissement et approvisionnement en eau potable, éclairage public, espaces verts et même certaines parties communes ainsi que le nettoyage des caves) sont pris en "Au niveau des différents quartiers de la cité, le décor est désolant : rues défoncées, façades des bâtiments dans un état lamentable, marches et contremarches des cages d'escalier cassées, absence d'éclairage public, égouts éclatés et fuites d'eau du réseau d'approvisionnement en eau potable répétées et autres problèmes qui enveniment notre quotidien au niveau de cette cité qui, au fil des années, a été transformée en un véritable bidonville", a déploré Kamel, un habitant de la cité. De son côté, Salim a indiqué que cette situation qui perdure risque de constituer un danger pour la santé et la sécurité des habitants.
"Les odeurs nauséabondes ainsi que les moustiques et autres insectes sont omniprésents. L'état des vides sanitaires constitue un véritable danger sur la santé des habitants. Pis encore, des habitants des bâtiments près d'une promotion immobilière se plaignent de l'accaparement d'un espace vert par un promoteur sans que les autorités ne bougent le petit doigt", a-t-il dénoncé, avant d'ajouter : "Aux quatre coins de la cité, les déchets amoncelés et les eaux stagnantes sont devenus un décor au quotidien. Cela fait une vingtaine d'années que nous souffrons en silence. Aucun responsable n'a pris notre problème au sérieux".
Les représentants des habitants interpellent une énième fois les responsables de la commune et le wali pour prendre le taureau par les cornes et régler ce qui peut être réglé afin d'améliorer un tant soit peu le cadre de vie de pas moins de 2000 familles si l'on compte les cités avoisinantes, à savoir les 300-Logements sociaux, les promotions immobilières et les constructions individuelles réalisées sur les lots marginaux à l'intérieur de la cité. Une densification qui n'a fait qu'empirer une situation déjà difficile.

FAOUZI SENOUSSAOUI
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