Les normaliens seront convoqués ce matin à des assemblées générales au niveau des ENS, afin de s'exprimer sur la question de la poursuite ou non de la grève illimitée.La communauté estudiantine ne renouera pas dans sa globalité, aujourd'hui, avec les cours du deuxième semestre. Les étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) en grève illimitée depuis la mi-novembre dernier ont décidé, a-t-on appris hier de l'un des représentants de la Coordination nationale des normaliens, de soumettre la décision, de la poursuite ou non de la grève, aux étudiants. «Ces derniers seront convoqués ce matin à des assemblées générales au niveau des ENS, afin de s'exprimer sur la question», nous a précisé notre source sous couvert de l'anonymat. «La soumission de la décision aux étudiants a été dictée par le fait que le ministère de l'Education nationale n'a pas jugé encore utile de prendre en charge les revendications des étudiants», a précisé notre interlocuteur. «Ce dernier ne cherche qu'a casser la grève et gagner du temps», fera-t-il observer. Et d'ajouter «depuis le déclenchement de la grève, la ministre de l'Education nationale n'a cherché à nous rencontrer qu'une seule fois». «Nouria Benghebrit trouve la plate-forme des étudiants non objective et fausse», a-t-il déploré.
Quant au ministre de l'Enseignement supérieur Tahar Hadjar, ce dernier a préféré, fera observer notre source, s'en laver les mains. «Il n'y a qu'une seule revendication qui relève des prérogatives du ministère de l'Enseignement supérieur», a indiqué le ministre aux étudiants, en les recevant lui aussi une seule fois dans son bureau. Ainsi, pour notre interlocuteur, la grève sera sans nul doute maintenue demain par les étudiants. «Les normaliens n'ont désormais rien à perdre. L'année universitaire est sur le point de s'achever. Le spectre de l'année blanche ne leur fait plus peur!», a-t-il ajouté. Interrogé sur les revendications qui restent en suspens, le représentant de la Coordination des normaliens, a fait savoir que hormis la promesse du ministre de l'Enseignement supérieur de remédier au problème en rapport avec le passage lors des études d'un palier à un autre, la plate-forme des revendications reste totalement non satisfaite. Il s'agit principalement de l'application des articles du contrat que les normaliens signent au lendemain de leur accès aux ENS.
Les articles dudit contrat stipulent clairement que les normaliens ouvrent droit en priorité à l'emploi après la fin de leur cursus, et ce, au niveau de leurs circonscriptions de résidence. Or, pour notre interlocuteur, la ministre de l'Education nationale ne prend plus désormais en considération ces deux points. «Le ministère de l'Education traite désormais les diplômés des ENS de la même manière que les candidats de la plate-forme nationale de recrutement. De plus, le recrutement des normaliens se fait ces dernières années à l'échelle nationale», s'est désolé notre source. En agissant ainsi, la ministre de l'Education nationale applique le contraire de ce qu'elle dit, a souligné le représentant des normaliens. Nouria Benghebrit a, pour rappel, toujours insisté sur le fait que l'avenir du recrutement de l'école algérienne sont les diplômés des ENS. «Seuls les diplômés des ENS sont capables de garantir aux élèves un enseignement de qualité», aime-t-elle à le répéter. Nouria Benghebrit s'appuie sur deux raisons: les diplômés de ces écoles répondent à deux critères essentiels dans la sélection des enseignants, à savoir la vocation d'enseigner et la compétence. «Le recrutement des enseignants par voie de concours n'est garant ni du premier critère ni du second», souligne-t-elle. Nouria Benghebrit qui a eu à faire, rappelons-le, en 2016 aux enseignants contractuels refusant de passer par le concours, a indiqué dans une émission radiophonique que la plupart des enseignants contractuels ont été admis en tant que tels, grâce au favoritisme et au clientélisme. Pour mettre un terme à ces pratiques, la ministre a fait savoir qu'elle demandera au gouvernement de généraliser les ENS à travers le territoire national. Dans ce sens il faut dire que le gouvernement a répondu favorablement. Il a déjà réalisé plusieurs annexes dans plusieurs wilayas, à l'image de celle de Sétif.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Madjid
Source : www.lexpressiondz.com