Setif - A la une

Le traitement médiatique du patrimoine en débat



La question du patrimoine était le sujet de la journée d'étude organisée conjointement par le ministère de la Culture et la Délégation de l'Union européenne en Algérie, le 19 décembre dernier, à la Bibliothèque nationale d'Alger. Les axes abordés durant cette rencontre portaient sur "Comment ce thème est abordé dans nos rédactions", "Comment il est traité par nos organes de presse" et "Comment il est appréhendé par nos journalistes culturels". Le sujet est costaud et ses angles de vision sont multiples, mais sait-on d'abord définir ce patrimoine ' Le citoyen algérien connaît-il la valeur de ces "biens culturels" dont son pays regorge ' En perçoit-il la potentielle richesse à préserver ' Réalise-t-il sa grande utilité dans son quotidien et face à tous les problèmes qu'ils rencontrent dans sa vie de tous les jours ' L'actualité, hélas, nous dit le contraire, la preuve en est avec l'ignoble acte de vandalisme commis, comble du hasard, la veille (lundi 18 décembre) sur la statue mythique de Aïn El-Fouara (Sétif), et que le ministre de la Culture a fermement condamné lors de son allocution d'ouverture. Pour sa part, M. John O'Rourke, ambassadeur de la Délégation de l'Union européenne en Algérie a, dans son allocution, encouragé ce genre de coopération qui vise à "promouvoir la culture, à mettre le patrimoine à la une, à initier des mécanismes de promotion du tourisme culturel, à développer la formation dans ces secteurs, à favoriser la compréhension de l'autre, la tolérance et le vivre-ensemble aussi bien à l'extérieur qu'au sein même de nos communautés", dira-t-il. Les autres intervenants ont contribué, chacun à sa façon, sur la base de son expérience professionnelle et dans son environnement propre ! Mme Djahida Mihoubi, conseillère en communication au cabinet du ministre de la Culture, a abordé la "Communication institutionnelle : valorisation et protection du patrimoine" en se référant à son travail actuel au cabinet mais aussi en revenant sur son passé récent de journaliste. M. Ameziane Ferhani, rédacteur en chef des pages Arts et lettres du quotidien El Watan, a préféré nous raconter sa "fiction, réalités et idées" considérant que voir le "patrimoine à la une" de nos journaux relèverait du rêve ou de l'utopie.M. Arnaud Contrebas, expert venu de France, a, quant à lui, retracé un peu son riche parcours de journaliste qui, au départ, ne s'intéressait nullement au patrimoine, mais qui par la suite, un peu par le hasard des rencontres ? avec Malika Hachid entre autres ­?, a su comment contourner son "inintérêt" pour ce qu'on appelle "patrimoine", et ce, en l'associant plutôt à d'autres sujets qui l'interpellaient plus comme l'Histoire des personnes qui gravitent autour de ce patrimoine, le trafic archéologique... Et autres manières de sensibiliser sur la nécessité de protection et de sauvegarde de ces richesses mais d'une manière plus subtile, mieux intégrée à l'actualité et mise en valeur par les techniques du moment comme prendre une photo devant un monument historique ou jouer un morceau de musique au pied d'un site touristique et les poster sur les réseaux sociaux ensuite. Ce que font d'ailleurs de nombreux jeunes Algériens activant sur la Toile et dont les illustrations gagneraient à égailler quelque peu nos quotidiens moroses, pour ne pas dire morbides. Evelyne Thomas (France), Ayache Yahiaoui (Algérie) et Tahar Ayachi (Tunisie) sont également intervenus pour débattre de ce point crucial qu'est la mise en valeur et surtout la médiatisation du fait culturel en général et du "patrimoine" en particulier. Il y a eu échanges et quelque peu débat, mais le problème n'est plus là, à exposer dans une salle ou à résumer ici en quelques lignes. Le travail est ailleurs, sur le terrain. La Bibliothèque nationale comme d'autres lieux de rendez-vous et la documentation remise à chaque fois témoignent certes de ces rencontres, mais qu'en est-il sur le plan du concret, depuis tout ce temps qu'on en a pris conscience ' Nos sites archéologiques et nos musées sont-ils tenus par des gens qualifiés ' Nos présidents d'APC sont-ils au courant des richesses que renferment leurs localités ' Nos enfants sont-ils sensibilisés à toute cette beauté qui les entoure ' Nos citoyens sont-ils conscients des répercussions touristiques et économiques qu'engendreraient une prise en charge réelle et une revalorisation conséquente de leur patrimoine ' Toutes ces questions demeurent, et bien d'autres encore...
Samira Bendris-Oulebsir
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