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LE SACHET DE LAIT DE TOUS LES DANGERS



LE SACHET DE LAIT DE TOUS LES DANGERS
Ce qui est arrivé à Sétif cette semaine a de quoi choquer et interpeller et il y a de quoi. Un jeune de 34 ans qui reçoit un coup de couteau à cause d'un sachet de lait, c'est grave, très grave et cela personne ne peut le nier. En réalité, cela devait arriver tôt ou tard, il suffit en effet d'être un jour présent devant une interminable queue qui se forme très tôt le matin. Des Algériens qui en 2017 attendent la distribution de lait en sachet, et ce qu'il vente ou qu'il pleuve. Actuellement, c'est souvent sous un soleil brûlant. Aucune ville n'est épargnée par cette pénurie, même dans les petits villages verdoyants où normalement, le lait est produit localement. Eh bien, ça c'était avant, comme dit la pub.Mourir pour un sachet de lait en pleine campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain, ternit forcément l'image de l'Algérie et donne un sale coup à cette campagne de séduction même si celle-ci se distingue par l'absence de promesses et c'est tant mieux. Que dire, quoi penser dans ce type de situation, sinon avouer que ce drame confirme un échec dans la distribution, un échec dans la solution des problèmes car cette pénurie dure depuis des mois déjà. Qu'en sera-t-il pendant le mois de Ramadhan où le lait est très demandé' Des questions qui restent sans réponses.En réalité, c'est ce type de problème qui se pose au quotidien qu'il faut régler au plus vite et non pas les grandes questions que l'on doit laisser aux compétences.Comment avoir une commune propre, comment organiser le ramassage des ordures ménagères, comment faciliter la vie de l'Algérien dans sa vie quotidienne, lorsqu'il doit prendre le transport en commun, retirer des documents à la mairie, inscrire ses enfants à l'école, se soigner à la polyclinique du coin' Bref, la base de ce que les élus doivent offrir à leurs concitoyens.Mourir pour un sachet de lait, c'est terrible et ça dépasse la fiction. Si d'aventure un cinéaste écrit un scénario où il est question de bataille et de mort pour un sachet de lait, il sera traîné dans la boue sous prétexte qu'il exagère et qu'il peint une réalité qui n'existe que dans sa tête. A bien voir, dire qu'un jeune est mort à Sétif en 2017 pour un sachet de lait, c'est invraisemblable, à peine croyable et pourtant, c'est la triste réalité.Les candidats à la députation et leur leader oseront-ils en faire cas dans leur contribution' Pas évident, les sujets qui fâchent, il faut les éviter, sinon en parler en famille. Cela fait moins de vagues. Pauvre de nous, condamnés à mourir non pas pour des idées ou pour un engagement, voire une cause juste, mais pour un sachet de lait, cela s'apparente à une malédiction. Avec un tel drame comment oserons-nous encore poser la ridicule question sur la motivation des jeunes à quitter le pays, là au moins une raison paraît évidente, pour ne pas mourir pour un sachet de lait et pour d'autres raisons incontestables, se construire, vivre, s'amuser, travailler, se marier, avoir des enfants, envie de vivre normalement, comme tout le monde.Mourir pour un sachet de lait, faire une interminable queue pour un visa, attendre une ou deux heures pour entrer dans un stade qui n'ouvre que deux accès alors qu'il dispose de trente portes, c'est le lot du jeune Algérien, un parcours du combattant. Nous devons une fière chandelle aux jeunes Algériens qui subissent et qui sont calmes et religieusement font montre d'une patience inouïe, d'un calme olympien oui, mais ce n'est pas une raison pour les pousser à bout et les contraindre à prendre des barques de fortune.
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