C'ela fait plusieurs jours que le prix du lait de vache en sachet est passé à 70 DA. En effet, sans aucun préavis, les commerçants ? qui disent que les prix ont été augmentés par les distributeurs et par ricochet par les producteurs ? soulignent qu'ils n'ont pas le choix. "Les distributeurs nous disent : c'est à prendre ou à laisser. Nous aussi on est victimes des producteurs qui à leur tour pointent du doigt les fournisseurs, à savoir les éleveurs qui ont augmenté le prix car les aliments de leurs bétails sont très chers", nous confie un gérant d'une supérette à la cité El-Hidhab, au chef-lieu de la wilaya.En effet, la laiterie publique Tell et la laiterie privée El-Anfal ont augmenté leurs prix sous prétexte que le lait de vache n'est pas subventionné. D'autres sources ont indiqué à Liberté que le prix du litre est depuis quelques semaines cédé par les éleveurs à 48 DA. Dans une laiterie d'une wilaya limitrophe le producteur applique un prix de 58 DA le litre aux fournisseurs. "Une laiterie d'une wilaya limitrophe achète le litre à 58 DA c'est ce qui a créé la rareté du lait de vache dans d'autres wilayas. En effet, plusieurs éleveurs qui fournissaient le lait de vache aux laiteries de Sétif préfèrent, depuis quelques mois, le vendre aux producteurs de la wilaya limitrophe pour gagner plus. Et dire que rien n'empêche cette pratique anticoncurrentielle", fulmine un consommateur.
Cela se passe au moment où le lait subventionné dont le prix est fixé à 25 DA a presque complètement disparu des étals. "Cela fait plusieurs semaines que je ne trouve plus de lait subventionné. Il est très rare au point où l'on se demande où est ce qu'il est commercialisé. Rien ne filtre sur la traçabilité de ce produit destiné aux ménages à faible revenus. Ainsi, les commerçants nous obligent à acheter le lait de vache qui est, à mon avis, très cher pour les ménages à faible ou à moyen revenu", nous dira Salim, un consommateur. Pis encore, la vente concomitante est une pratique courante, voire la règle, car si le lait subventionné existe, il est obligatoire d'acheter, avec, un autre sachet de lait de vache (deux sachets de lait subventionné avec un sachet de lait de vache) à 120 DA. "La vente concomitante est partout. C'est une pratique connue à travers la wilaya. Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir", nous dira Mohamed, un consommateur.
Il est à noter que la plus grande laiterie de la région, à savoir la laiterie publique Tell, produit quotidiennement 190 000 l de lait ordinaire livrés dans six wilayas par 149 distributeurs. Cette quantité s'avère insuffisante puisque beaucoup de distributeurs revendiquent de revoir leurs quotas à la hausse. Les consommateurs, qui ne savent à quel saint se vouer, interpellent les responsables de la direction du commerce pour intensifier les sorties de contrôle de ce produit essentiel afin de mettre fin à ces pratiques qui ne font que compliquer la situation et léser le pouvoir d'achat.
Faouzi SENOUSSAOUI
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Faouzi SENOUSSAOUI
Source : www.liberte-algerie.com