L'acte innommable ayant visé la statue de Aïn El-Fouara a été hier au centre du débat auquel était convié, par la rédaction de la Chaîne 3, le directeur de l'Agence de réalisation de projets culturels (ARPC) qui, à l'occasion, a beaucoup disserté sur la protection du patrimoine dans toutes ses dimensions.Fayçal Ouaret, le directeur de l'ARPC, a assuré que le patrimoine est bien préservé, mais il a besoin d'un peu plus d'effort pour que sa protection s'étende davantage notamment dans certaines régions du pays où sont recensées des dégradations du patrimoine «dues à la promiscuité, l'entassement, et l'utilisation quotidienne de ce patrimoine qui ne laissent pas beaucoup de place pour s'en préoccuper de manière plus intense». Plusieurs actions concrètes ont été initiées pour matérialiser cette préservation, a affirmé le directeur de l'ARPC avant de rappeler les travaux de réhabilitation dont bénéficie la Casbah depuis une année ainsi que la restauration de la mosquée Ketchaoua.
Fayçal Ouaret reconnaît, d'autre part, que des dégradations ont touché certaines parties du patrimoine classé, mettant cela sur le compte du «manque de maturité de la quasi-totalité des intervenants» tout en relevant le fait qu'«il n'y a pas suffisamment de cohérence et de responsabilités partagées pour prendre en charge cette question (...) la vigilance doit être de mise».
Des actions sont menées, mais en raison de la conjoncture financière que traverse le pays, l'étendue de la protection du patrimoine n'est pas telle que la veulent les responsables du secteur, ceci même s'il ne faudrait pas croire pour autant que les sites éparpillés à travers le pays sont délaissés, ils jouissent de l'attention des administrations relevant du ministère de la Culture, comme cela a été le cas avec le malheureux incident de lundi à Sétif.
La statue de Aïn El-Fouara qui, soit dit en passant, illustre parfaitement la dégradation du patrimoine dans le pays à cause de comportements ayant fait leur apparition depuis le milieu des années 90, alors qu'une seule personne était habilitée à monter sur la statue pour la nettoyer, un sculpteur italien. «La proximité qu'il y avait, d'une part, entre cette statue et les gens qui l'aiment, et de l'autre entre cette statue et ceux qui la détestent, a fait qu'on en arrive irrémédiablement à cet événement», estime le directeur de l'ARPC qui a également fait savoir qu'une expertise devait être menée hier sur l'ampleur des dégâts causés à la statue, et puis décider s'il y a lieu de prolonger sa vie en la restaurant ou carrément réaliser une copie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A M
Source : www.lesoirdalgerie.com