
L'étude et l'approbation des projets d'investissement à Sétif font réagir de nombreux opérateurs économiques. Ne manquant pas d'arguments à faire valoir les contestataires pointent du doigt la «sélection» marginalisant, selon leurs propos, les entrepreneurs et industriels ayant fait leurs preuves.Pour plus de transparence, ils réclament la publication des projets et les noms des bénéficiaires, d'autant plus que certains d'entre eux ne disposent ni de moyens financiers ni de qualification. «Les exemples ne manquent», pas martèlent nos interlocuteurs, qui remettent beaucoup de choses, en question.«Pour que vous puissiez concrétiser vos projets, il faut avoir les reins solides, l'appui d'un élu influent ou une connaissance à Alger. Trouvez-vous normal que des gens sans qualifications et qui n'ont rien à voir avec le métier se retrouvent du jour au lendemain dans la peau de promoteur ' Vous n'avez qu'à consulter la dernière liste englobant 20 promoteurs pour constater la véracité de nos dires», déclarent véhément nos interlocuteurs.«Alertés pour qu'ils interviennent afin qu'on mette un terme à ces dépassements, certains élus, qui sont hélas juge et partie, cautionnent ces faits de prince. Peut-on admettre que des femmes au foyer puissent obtenir des lots de terrain au niveau de la méga zone d'Ouled Saber ' En ces lieux des gens sans le sou ont bénéficié de grandes parcelles qu'ils sont en train de revendre sous couvert d'un faux partenariat. À Sétif, un gargotier peut facilement obtenir un lot de terrain pour devenir un grand hôtelier.Cette dilapidation du foncier industriel doit cesser et au plus vite», tonnent les réclamants, qui demandent un audit et une commission d'enquête pour éplucher les dossiers des dernières attributions. Bien informés, nos interlocuteurs ne s'arrêtent pas là. «Pour réaliser un projet créateur de la richesse et d'emplois, tu dois obligatoirement bénéficier d'un coup de pouce faisant défaut aux véritables investisseurs. On veut avoir des explications à propos des attributions des parcelles où seront érigés trois parkings à étages à Sétif.Sur quelles bases on a choisi ces dossiers et recalés d'autres '» s'interrogent les opérateurs économiques, qui réclament non seulement l'ouverture d'une enquête sérieuse, mais l'intervention du wali qui ne va pas tarder à découvrir que tout le foncier industriel a été fortement consommé. «On ne peut passer sous silence le non-respect de l'ordre chronologique du dépôt des dossiers qui peuvent, pour certains, moisir des années. Le traitement à la carte des dossiers de ces investisseurs de première classe a pris la tangente, ces derniers temps, à Sétif. Proposés depuis des lustres, nos divers projets sont déclassés.On ne peut admettre et accepter les passe-droits et les attributions à la tête du client. Pour plus de transparence, on voudrait que la presse assiste aux réunions du Calpiref, ou qu'elle soit destinataire des procès verbaux sanctionnant ces rendez-vous», s'indignent les opérateurs, qui n'ont pas l'intention de lâcher prise, n'oubliant pas, une fois de plus, de remettre sur le tapis un faux problème à la peau dure. «Sans téléphone et fax depuis des années, de nombreuses entreprises implantées au niveau de l'extension de l'ancienne zone industrielle sont coincées. Malgré nos doléances et démarches, le problème demeure posé. Dans pareilles conditions, on ne peut plus parler d'investissement, de production et d'exportation», déclarent-ils.Ces derniers reviennent, par ailleurs, sur les 110 hectares laissés en jachère au niveau des anciennes zones industrielles de Sétif et d'El Eulma. Octroyés à des entreprises publiques, dont certaines d'entre elles n'existent plus, ces hectares ne sont pas exploités. Les pouvoirs publics sont interpellés pour trouver un épilogue à cette jachère et au problème exposé par des opérateurs qui viennent de casser un tabou.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Beniaiche
Source : www.elwatan.com