Cet événement est organisé par l'association du village «Sebaâ zbari»C'est une tradition millénaire chez les habitants du village Ihitoussène, dans la commune de Bouzguène, (50 km à l'est de Tizi Ouzou), la fête de la forge qui est à sa 4ème édition, s'est ouverte hier. Elle est destinée cette année à faire connaître et mettre en valeur l'apport de ce métier ancestral dans la vie de l'homme. Un riche programme culturel a été préparé par les organisateurs qui comptent recevoir un grand nombre de visiteurs. Pour la circonstance, Ihitoussène s'est paré de toutes les couleurs. Un beau village perché sur les hauteurs de Bouzeguène. Son histoire est indélébilement marquée par le métier de maréchal-ferrant et de forgeron. Connu depuis longtemps comme un village de forgerons, les jeunes d'aujourd'hui comptent réinventer le métier même s'il faut ressusciter le cheval. En fait, beaucoup estiment que ce n'est pas chose impossible. Le métier peut être réinventé même si l'ère est dominée par le numérique. Il est vrai que l'on ne peut réinventer l'époque où le cheval, le mulet et l'âne étaient des moyens de transport. Le maréchal-ferrant ne suera plus pour armer ces beaux quadrupèdes remplacés par les quatre roues au moteur ronronnant.
Faut-il pour autant perdre ce capital ancestral' «Du cordon ombilical au cercueil, la forge accompagne l'homme tout au long de la vie. Il en a besoin et recourt à chaque instant et dans tous les domaines, dans sa vie domestique, dans son travail, dans ses déplacements et même dans les guerres», fait remarquer Mourad Lamri, membre de l'association du village, «Sebaâ zbari» («Les sept enclumes») organisatrice de cette manifestation. Celle-ci s'étalera sur trois jours avec l'ambition de «faire connaître et sauver de l'oubli ce métier ancestral, qui se confond avec la vie du village, qui a été fondé par un forgeron arrivé dans la région, au XVIIe siècle», fait-on savoir. «Les sept enclumes», explique Mourad Lamri, «sont les outils constituant la table de travail des forgerons, au nombre de sept, et qui sont indispensables à son métier. Dans le temps, elles sont offertes à tout jeune du village, dès l'âge de 17 ans, pour l'inciter à aller quérir sa subsistance dans des contrées lointaines, notamment, à l'est du pays où l'environnement est plutôt ingrat». Aujourd'hui, reconnaît-il, «la réalité est peu reluisante.
Le métier perd de son éclat, à l'épreuve de la mécanisation et du grand marché, mais il persiste encore à servir l'homme. Le retour à l'agriculture de montagne, qui ne peut se suffire de la seule industrie, peut constituer une opportunité pour la relance du métier». A ce propos, indique-t-il, «la boutique du fondateur du village, située tout en haut du village, sera transformée en atelier pour enseigner ce métier à ceux qui veulent s'y initier». Tout au long de cette fête, une gigantesque exposition d'objets de forge met en valeur les apports de la forge dans les différents domaines de la vie, le travail domestique comme le tissage ou extérieur, comme l'agriculture, le transport et même la guerre. «J'avais commencé ce métier en 1957, à l'âge de 17 ans, avec mon père dans la région de Bougaâ, à Sétif, et pour aider au combat libérateur du peuple contre le colonialisme, nous avions réparé des fusils, limé des armes blanches et même fabriqué des plombs pour le FLN», se remémore Mohand Arezki Lamri, qui a travaillé toute sa vie comme forgeron. Qualifiant les forgerons d'Ihitoussène de «véritables ambassadeurs de la Kabylie qui ont exporté leur métier dans plus de 21 wilayas du pays», Youcef Aouchiche, président de l'Assemblée populaire de wilaya (APW), présent sur les lieux, a promis, lors de son allocution, «d'inscrire cette fête parmi les priorités de l'assemblée dans le cadre de la prise en charge et des aides octroyées aux différentes activités du genre, à travers la wilaya».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com