Après un implacable combat contre la maladie, le tenace Khierredine s'avoue vaincu le samedi 17 décembre2011 à l'hôpital Mustapha Pacha d'Alger.
La nouvelle se répand telle une traînée de poudre. Attristé sans nul doute par la démission de l'architecte journaliste (1er correspondant d'El Watan à Sétif), le ciel de l'antique et rebelle cité devient soudain brumeux. La généreuse ayant enfanté des preux à l'instar des géniteurs du 8 Mai 1945, est inconsolable. Car elle vient de perdre l'un de ses meilleurs fils. Celui qui avait Sétif dans les veines et le sang à la fois. Celui qui a fait le serment de poursuivre la France pour qu'elle reconnaisse les crimes commis en son nom par les colons et l'armée coloniale le 8 mai 1945. Combattue avec un incommensurable courage digne des grands hommes de Sétif qui n'abdiquent pas aussi facilement, la maladie prend en fin de compte le dessus.
Elle l'empêche à la fleur de l'âge d'achever son 'uvre, l'autre passion. Les cris de gueule de Khierredine dénonçant les amnésiques et leurs acolytes de censeurs, faisant tout pour «dédouaner» l'empire colonial acculé pour rendre des comptes, vont manquer à sa petite famille, aux derniers survivants du mardi noir, à leurs enfants et ayants droit. Résignés car ils ne peuvent s'opposer à la loi divine, les amis et proches de Khierredine, cet autre pur produit du lycée Kerouani, acceptent, le c'ur brisé, la sentence de Dieu. L'élégant ex-athlète de gymnastique formé à la bonne école de ce grand éducateur Mustapha Talaâ, quitte ce bas monde en laissant l'image d'un grand défenseur d'une cicatrice béante depuis plus de 67ans.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Benelkadi
Source : www.elwatan.com