Setif - A la une

Jean-Noël Pancrazi



Jean-Noël Pancrazi
Lors d'une rencontre qui s'est tenue au Salon international du livre d'Alger (Sila), jeudi dernier, Jean-Noël Pancrazi, romancier, critique et membre du jury du Prix Renaudot, est longuement revenu sur sa longue carrière qui a vu ses romans, comme Madame Arnoul (Gallimard, 1995), La montagne, (Gallimard, 2012), ou encore Tout est passé si vite (Gallimard, 2003) récompensés par de prestigieux prix comme le Prix Maurice-Genevoix (fondé en 1985), le Prix Albert-Camus, ou encore le Prix du Livre Inter.L'enfant de Sétif est ainsi revenu, durant ces quelques moments partagés avec son public, sur son enfance en Algérie, les souvenirs qu'il garde de son pays natal, mais surtout, l'apport de cette période de son existence dans ses ?uvres. L'auteur expliquera à cet effet que ses romans Montecristi (Gallimard, 2009), et Indétectable (Gallimard, 2014), qui traitent du thème de l'exil et du déracinement, s'expliquent par son enfance algérienne : "Le fait de partir d'Algérie que j'aime infiniment a été un arrachement véritable, je me suis intéressé par la suite dans mes livres à ceux qui ont connu ce même arrachement, d'une manière ou d'une autre", a-t-il déclaré. Aussi, ses autres ?uvres comme Madame Arnoul et La montagne, qui ont été écrits à hauteur d'enfant, ont été un moyen pour l'auteur de retrouver ce regard juste, innocent, qui ne juge pas. "Un enfant ne condamne pas, il n'a pas de théories ni d'engagements politiques, mais il sent et comprend tout. Mon livre, ?Madame Arnoul' racontait ma relation amicale avec une voisine qu'on avait à l'époque, elle est devenue au fil du temps une deuxième mère" a-t-il indiqué à l'assistance, avant d'ajouter : "Elle était une femme à part, au moment de l'indépendance, elle avait refusé de quitter l'Algérie, elle s'était même engagée aux côtés du FLN, ce qui lui a valu une condamnation de la part de la communauté française." Il a déclaré en outre, qu'écrire sur ses douleurs et ses souffrances lui a permis, non pas de les oublier, mais les dominer et de les dépasser. S'agissant de l'apport de son "algérianité" dans ses écrits, M. Pancrazi précisera qu'elle y est pour beaucoup : "Il suffit que je retourne vers mon enfance pour voir que l'Algérie reste essentiellement mon trésor imaginaire, quoi qu'il arrive. Il n'y d'ailleurs pas un livre où je n'évoque pas l'Algérie ! Je me débrouille toujours, d'une manière ou d'une autre pour évoquer ce pays si cher à mon c?ur".Yasmine Azzouz
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