Le doyen des clubs sétifiens, l'USMS, qui a enfanté des générations de footballeurs ayant fait le bonheur de clubs algériens et français se morfond dans les profondeurs de l'inter-ligue où il se débat pour éviter un autre purgatoire, synonyme de condamnation à mort.
Ne datant pas d'hier, les malheurs de l'USMS sont l'«'uvre» de maquignons, à la recherche d'une notoriété et d'un plan de charge pour leurs affaires. Généré par des dirigeants rentrés à l'USMS par effraction, le marasme s'est accentué cette saison. Après 16 journées, les Grenats pointent à la 12e place avec 16 petits points, ne devançant que les formations d'El-Milia et Grarem. Les protégés de Bouzid Cheniti, disposant d'un effectif tout juste moyen, devront cravacher dur pour sauver ce qui reste à sauver. Apparemment, la leçon des saisons précédentes n'a pas été retenue par le nouveau comité directeur, élu en septembre dernier. Venu pour aider le club à remonter la pente, le nouveau staff, qui a bénéficié du soutien de la commune, la DJS et des sponsors ayant versé pas moins de 12,1 millions de dinars, n'a pas fait mieux que ses prédécesseurs, responsables de la déliquescence et d'une montagne de dettes, avoisinant, nous dit-on, les 60 millions de dinars.
Le comité est désormais divisé en deux groupes. Les opposants pointent du doigt le vice-président, frère du numéro un du club. «Lamnaouar fait la pluie et le beau temps à l'USMS qui paye les pots cassés d'un mauvais recrutement réalisé par ses soins. Ce dernier, qui ne fait aucun effort pour aider le club à surmonter cette mauvaise passe, s'arrange pour nous déstabiliser. Ces pratiques ne vont pas nous décourager, notamment, en ces moments précis», diront Hassani B, Ayadi A, Oussaci R. et Ounoughi K. Pour connaître la version de la direction, nous avons pris attache avec le président du club, Miloud Belaliat, qui dit en substance : «Les tiraillements secouant actuellement le comité directeur se répercutent négativement sur le club qui va mal. Pour l'intérêt de celui-ci, nous devons mettre entre parenthèses nos divergences, d'autant plus que l'USMS est en danger.» Une telle situation fait mal aux anciens joueurs qui ne restent pas insensibles. «Les autorités doivent se pencher sérieusement sur le cas de l'USMS, un grand réservoir de footballeurs.
Ayant pourtant fait son temps, la politique du tape-à-l''il porte encore un grave préjudice à une telle institution en mesure de rendre d'énormes services à ces nombreux talents de la région, marginalisés. Depuis longtemps, le club n'est plus entre de bonnes mains. La race des dirigeants désintéressés, amoureux du football et du club, a laissé place au premier venu, n'ayant cure de l'intérêt de l'USMS qui agonise. Tourner le dos à ce vivier, fait mal. Je le répète une autre fois, c'est honteux pour les Sétifiens (y compris moi), qui laissent faire. Les consciences doivent se réveiller pour venir au secours de l'USMS, qui ne peut rester ni dans le local de la soupe populaire ni dans une division qui ne sied pas à son histoire», dira non sans colère Abdelkrim Khalfa, l'ex-attaquant de l'USMS (1972-1974), évoluant à l'époque en division nationale I.
Abdallah Hafri, l'autre baroudeur des Grenats de l'âge d'or, abonde dans le même sens : «Qu'on le veuille ou pas, les affairistes sont les premiers responsables des malheurs de l'USMS, menacée plus que jamais de disparition. Son salut passe par l'assainissement de son environnement et par l'éclosion d'un staff dirigeant disposant non seulement de moyens financiers, mais aussi et surtout d'un projet sportif à la dimension de l'USMS qu'on malmène.» Le cri du c'ur des enfants du champion d'Afrique du Nord (titre décroché lors de la saison 1953-1954 à Tunis où l'USMS avait battu l'ES Tunis 2 à 1) pataugeant dans une jungle, sera-t-il entendu '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Beniaiche
Source : www.elwatan.com