Alors qu'ils étaient enfants, jeunes êtres en devenir, le monde naissait en eux et les accueillait naturellement. Ils regardaient tout avec des yeux immensément braqués sur la diversité des choses, n'ayant de cesse de s'interroger, de s'étonner, de s'émerveiller à l'école, à la maison, dans la rue. Ils étaient curieux de tout, et posaient inlassablement des questions. Pour obtenir des réponses, ils usaient de ce charme enfantin qui ouvre tous les chemins. Parfois, quand l'adulte ne répondait pas, la plainte ne se faisait pas attendre, prenant des allures charmantes et désarmantes. L'adulte alors de se désespérer de son incapacité chronique à satisfaire un appétit de connaissances qui le désarçonnait quelque peu. Mais qu'importe, l'essentiel était dans cette curiosité insatiable qui allait faire de l'enfant un adulte ouvert à toutes les manifestations de ce monde. C'est ainsi que beaucoup ont grandi, se sont constitué une gourmandise de découverte qui jamais ne cessera d'être alimentée. Il y a tant de choses à voir, écouter, goûter, comprendre, sentir, toucher, vivre, et pourquoi pas, expérimenter au cours de leur existence. Mais les temps ont changé. Bien des enfants se retrouvent confrontés à un silence terrible. L'adulte est accaparé par ses problèmes quotidiens, entre difficultés de couple, de travail, de carrière etc. Et c'est chacun pour soi. Le rejeton se refermera alors progressivement comme une huître, oubliera d'écarquiller les yeux sur son environnement, singeant le grand qui croit l'éduquer en se murant dans le silence. Pire encore, quand l'enfant a besoin d'un soutien pédagogique ou moral, il se verra retourner la terrible réponse : «Pour ça, regarde sur internet pour t'aider». Comme s'il fallait déléguer toute assistance, toute connaissance à cet objet impersonnel, sans tact familial et dénué de ce «hanane» qui nourrit la délicatesse compréhensible à la détresse d'un lien social et humain. Ce que beaucoup désignent par le vocable progrès a totalement détricoté, anéanti le pouvoir d'amour, de comprendre, de répondre aux curiosités des plus démunis que soi. Un exemple concret pris à Alger, Sétif ou n'importe où une grève d'enseignants aura paralysé le secteur, ces temps derniers ' Eh bien, pas de réponse réelle aux étonnements des enfants ainsi ébranlés par le monde des adultes, enseignants de surcroît. Estropiés de savoir, de curiosité, ces êtres en devenir se cherchent, alors, dans un comportement, des goûts, des habitudes, des modes de vie totalement à l'inverse du bon sens et d'une éducation rabougrie au petit pré carré d'adultes à intérêts étroits et pitoyables pour des enseignants censés donner le bon exemple. On en veut pour preuve ces grèves qui, si elles alimentent les diverses revendications salariales ou syndicales, sont loin de satisfaire les attentes d'un secteur avide de rendement et de performance pédagogique. Et les éternels pseudo-négociations en cours entre syndicats autonomes et tutelle seraient qualifiées, respect pour la profession d'enseignants, d'enfantillages, de raccommodages à l'aiguille, depuis le temps et les remises en cause d'aboutissement. L'avenir du devenir de nos apprenants est plus que primordial ! L'amputation de la découverte, de la curiosité que certains nomment confort intellectuel serait sinistre et totalement imbécile pour nombre de générations offertes ainsi à la paresse, estropiées de curiosité sans le savoir?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M N
Source : www.letempsdz.com