Face au flux d'informations contradictoires, mais surtout à l'intox qui désoriente le citoyen, des universitaires préconisent un changement dans la manière de communiquer.Avec la montée des contaminations et des décès dus au coronavirus, à laquelle s'est ajouté le manque d'oxygène médical, beaucoup d'Algériens ont fini par se faire à l'idée que seule la vaccination pourrait les sauver. Mais la campagne de vaccination est loin de ses objectifs, malgré ce début d'adhésion populaire encourageant et une mobilisation plus importante de l'Etat à travers le territoire national.
De l'avis de certains psychologues mais aussi de sociologues, il y a lieu de revoir la stratégie de communication pour susciter un climat de confiance chez cette partie de la population qui demeure réticente à toute idée de recevoir un vaccin pour se protéger contre les éventuelles complications que pourraient engendrer la Covid-19 et son variant Delta qui fait des ravages à travers le monde. Pour le professeur Noui Djemai, enseignant chercheur en sociologie à l'université Mohamed lamine-Debaghine de Sétif, la propagation du nouveau variant Delta a suscité une panique et en même temps une prise de conscience car beaucoup de personnes ont manifesté le désir de se faire vacciner.
"Nous avons, cependant, constaté que le secteur de la santé n'était pas prêt à mener une véritable campagne de vaccination comme cela se faisait autrefois dans les années 1980 et 90 où le corps médical et paramédical ? qui pourtant n'avait pas les moyens dont nous disposons aujourd'hui ? se déplaçait dans les régions les plus reculées pour vacciner la population", regrette-t-il, tout en expliquant : "Nous devons aussi mettre le doigt sur la plaie et dire qu'il y a une mauvaise stratégie de communication avec le citoyen."
Cela n'est pas sans dissuader le citoyen lambda, assailli par un flot d'informations contradictoires sur les réseaux sociaux surtout, de franchir le pas et d'aller se faire inoculer sa dose de vaccin. "Cette absence a laissé place à la spéculation qui se propage telle une traînée de poudre. Les pouvoirs publics doivent contrecarrer les stratégies malsaines de déstabiliser l'opération de vaccination", souligne M. Djemai, estimant que "pour réussir l'opération de vaccination, il faut bannir le doute que les médias sociaux ont semé sur le vaccin sans se baser sur des données scientifiques.
Il faut aussi noter l'absence d'études et de recherches scientifiques qui pourraient persuader les citoyens à se faire vacciner". En outre, "contrairement à d'autres pays sous-développés, nos professeurs et spécialistes parlent mais sans pour autant présenter les résultats de leurs études afin de convaincre scientifiquement leurs citoyens", dit-il, préconisant, par ailleurs, le fait qu'il est nécessaire de dire toute la vérité sur les moyens et les capacités de la vaccination afin d'adopter les stratégies adéquates avant la rentrée sociale qui pourra être compromise si la vaccination n'est pas accélérée. Pour sa part, le professeur Khaled Abdessalem, enseignant chercheur en psychologie à l'université Mohamed Lamine-Debaghine de Sétif, "il faut d'abord reconnaître que notre pays vit depuis des décennies une crise de confiance entre le peuple et ses gouvernants".
Ce manque de confiance réside aussi sur le plan médiatique, pense encore M. Abdessalem, critiquant le manque de professionnalisme chez certains médias, concernant notamment cette pandémie. "Pour les stratégies à adopter afin de convaincre les citoyens de la fiabilité du vaccin, il est nécessaire d'ouvrir les médias à toutes les voix pour une expression large sur les réserves, craintes, peurs et préjugés développés envers les vaccins", suggère-t-il, avant de conclure sur la nécessité de "mener des campagnes de sensibilisation par tous les moyens médiatiques et surtout par des actions de proximité en allant même dans les zones les plus reculées".
Faouzi SENOUSSAOUI
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Faouzi SENOUSSAOUI
Source : www.liberte-algerie.com