Setif - A la une

Battue à domicile par le MC Alger, l'ESS quitte le podium



L'année 2018 a mal débuté pour le champion sortant. Eliminée en Coupe d'Algérie dès les seizièmes de finale, l'ES Sétif quitte le podium de la Ligue 1 Mobilis au bout de la 17e journée. Pis, l'Aigle noir est désormais à dix longueurs du leader, le CS Constantine.Contrairement à l'hiver dernier, où il avait entamé sa remontada face au MC Alger, sacré champion d'automne quelques semaines plus tèt, le club d'Aïn El-Fouara s'exerce depuis l'amorce de la nouvelle année à la «demontada», chute vertigineuse qui mène vers tout sauf les sommets. Une régression qui a ses raisons, entre autres une fin de phase aller démentielle au cours de laquelle un «séisme» de forte magnitude a cisaillé les fondements de l'équipe sétifienne. Crise d'argent et de confiance, la «communication» semblait coupée au sein de l'institution qu'est devenue l'ESS. Pendant que Hammar distillait la bonne parole et les propos rassurants, des bruits de couloir sortaient des murs du club pour annoncer des dissensions. Des joueurs, et non des moindres puisqu'il s'agissait des cadres de l'équipe à l'exemple de Djabou et de Djahnit, vociféraient alors que le coach providentiel, Kheireddine Madoui, celui qui a redonné le second souffle aux Sétifiens douze mois auparavant, à son retour d'Arabie, brandissait la menace d'un départ précipité de son banc «miné» à la barre technique des Bianconeri. Une rupture brutale que les fans d'El-Kahla wel Beïda» n'ont pu expliquer sachant que la seule motivation pécuniaire ne pouvait «secouer» le sage Madoui. Ce sont les mille et une promesses d'une direction pas si homogène comme l'a décrit Hassan Hammar qui semblent avoir été derrière l'affaiblissement des rapports de force et des liens presque ombilicaux qu'entretiennent les membres de la fratrie de Sidi El-Khier. La cassure, dit-on, s'est produite au sortir de la finale perdue, en juillet dernier, contre le CR Belouizdad. Une défaite que personne ne justifie, que personne n'assume. Hammar, Madoui, les joueurs avaient tellement honte d'émarger dans le livre noir des personnalités sétifiennes ayant été les premiers à perdre une finale de Coupe après sept consécrations plus belles les unes que les autres.
A la recherche d'un second souffle
Comme à ses habitudes, pour fuir la pression de la rue sétifienne, Hammar se lancera dans un mercato estival avec armes et bagages. La moitié de l'effectif a été remodelée avec l'arrivée des Zeghba (USMH), Benayad (RCR), Anes Saâd (CRB Benbadis), Nessakh (MCO), Sidhoum (USMBA), Obambou (AS Mandji, Gabon), Chibane (DRBT), Aïboud (JSK), et autre Bounadir (USMO) et le départ d'une brochette de bons joueurs à l'exemple de Tambeng, Amada, Khedaïria, Lamri, Aroussi, Kenniche, Boutebba et Bouchar. Suffisant pour «dérégler» une montre suisse. Les nouvelles recrues avaient, à trois ou quatre exceptions (Zeghba, Nessakh et Sidhoum), du mal à s'imposer pour pouvoir apporter l'équilibre recherché par Madoui. Pour autant, l'emblématique coach des Noir et Blanc a réussi à présenter un ensemble plus ou moins compétitif qui, au fil des journées, va s'ouvrir le chemin des sommets. N'étaient quelques points grappillés chez elle (deux nuls face à l'OM et la JSK en sus de la défaite devant l'USMA), l'ESS aurait pu aspirer à un meilleur rang que la quatrième place réalisée au terme de la phase aller de cet exercice. Ce sont les points (7) qui manquaient justement aux gars d'Aïn El-Fouara pour partager le leadership avec le voisin du CSC (31 points contre 24). Si la défense ententiste a fait honneur à sa réputation (10 buts en quinze journées), l'attaque, elle, s'est avérée le maillon faible de l'équipe de Madoui (15 buts inscrits). Avec un tel rendement des Nadji, Amokrane, Benayad, Haddouche, Djabou etc., il était tout indiqué que Madoui demande du renfort, du vrai. Le divorce entre le club et Madoui allait, cependant, tout remettre en question. Les plans de la direction sétifienne allaient connaître un sérieux coup de frein. Non seulement il fallait recruter des joueurs capables de hisser le niveau de l'équipe mais il fallait d'abord choisir un successeur à Madoui. Un entraîneur de la même étoffe et qui croit au projet de l'ESS. C'est ainsi que Hammar ira à la rencontre d'Abdelhak Benchikha, limogé au Maroc par l'IR Tanger mais très convoité ailleurs. Soucieux de ne pas s'éloigner de sa famille établie au royaume alaouite, l'ex-sélectionneur des Verts, qui ne pouvait légitimement exercer en Pro-Botola en raison des règles imposées par la FRMF aux entraîneurs, refusera plusieurs offres émanant de Tunisie, des pays du Golfe et même d'Inde. Il négociera, par contre, les contours de sa venue à la barre technique de l'ESS. A savoir un contrat de six mois qui protège et ses intérêts et ceux du club algérien. Ce n'était donc pas d'un projet «longue durée» que les deux parties ont convenu. La question de l'entraîneur résolue, il fallait s'attaquer au chapitre des recrues hivernales. Des attaquants en priorité.
L'attaque bat de l'aile
Vu la crise financière qui secouait le club et la pauvreté du marché local en termes d'attaquants de qualité et «prêts à l'emploi», notamment en perspective de la Ligue des champions d'Afrique, Hammar se résigna à recruter du «bas de gamme», ces joueurs qui arrivent avec un faible temps de jeu (Banouh et Aouedj). Accrochés par l'USMH, en match de reprise de la L1 Mobilis joué à huis clos, puis expédiés de l'épreuve populaire face à la JS Saoura, à Béchar, les Sétifiens se devaient de réagir à l'occasion de la réception du MCA lors de la 17e journée, le week-end dernier. Un adversaire qui, comme l'ESS, entend remonter son retard face au CSC. Ce qui passait par un exploit à Sétif devant un Aigle noir bien fragilisé depuis sa première défaite at home, le 11 décembre dernier, contre l'USMA. La mission des joueurs de Bernard Casoni était ardue, surtout après le début tonitruant des camarades de Nadji. Mais il fallait également compter sur les carences manifestes des Sétifiens pour voir le Mouloudia refaire rapidement son retard au tableau d'affichage avant d'enfoncer le clou à un moment où l'ESS n'avait plus de ressources. Déjàamoindri par les absences de son gardien Zeghba, de son défenseur international Ziti et de son médian Rebiaà?, l'ensemble de Benchikha a perdu le contrôle de la partie à l'heure de jeu. Physiquement à plat, les camarades de Djabou ont abusé de longues balles en direction de l'axe défensif des Vert et Rouge où Banouh et Nadji avaient en charge de faire bouger Mebarakou, Azzi et autre Chaouchi. Si l'ex-Harrachi a fait semblant pendant une heure de temps, Nadji, auteur de son premier but de la saison, a abandonné le combat plus tôt que prévu. D'ailleurs, Benchikha n'aura pas le choix que de les remplacer coup sur coup offrant à Benayad, Aouedj et au jeune Boussif l'opportunité de tenter de prendre de vitesse la défense mouloudéenne. Un stratagème qui n'aboutira pas au grand dam des supporters sétifiens dont la réaction violente (jet de projectiles) a failli provoquer l'arrêt de la partie. Un classique qui a apporté une nouvelle preuve que l'ESS de cette saison a perdu quelques-unes de ses vertus. Cédera-t-elle son titre à son voisin de l'Est ou à l'un de ses concurrents '
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